Je vais être honnête. La hype, je la déteste. Mais j’ai revendu des paires. Ma contradiction est totale comme toi je présume. C’est le propre du sneakerhead en 2026. On dénonce les bots et les resellers. Puis on guette StockX pour voir si notre dernière paire chopée prend de la valeur. Hypocrite ? Peut-être. Humain ? Sûrement. La hype a transformé notre passion en casino. Mais on joue quand même. Parce qu’on a pas vraiment le choix.
Nike joue, on suit : qui est responsable ?
Nike vient de sortir une énième Air Jordan 1 Travis Scott en édition limitée. On rage mais on cop quand même. Ils créent la demande. On valide le système. C’est un tango toxique. Je respecte leur génie marketing. Mais bordel, ils nous manipulent. Le truc, c’est qu’on le sait. Et on revient. Le passionné de baskets a un côté masochiste. Il s’attache à des choses qui vont lui procurer de la souffrance. Eux manipulent et nous, nous acceptons. C’est un jeu pervers où tout le monde perd et gagne en même temps.
Le resell : ennemi ou miroir ?
Les resellers, beaucoup aiment les détester. Mais combien d’entre nous n’ont jamais revendu une paire ? Je plaide coupable. Que celui qui n’a jamais revendu une paire pour financer d’autres achats me lance la première pierre. Le reseller professionnel voit les sneakers comme des actions. Mais la ligne est floue. On navigue tous dans cette zone grise. Sauf Zadeh Kicks qui est passé du côté obscur de la force. La passion coûte cher. Le resell finance la collection. C’est moche mais pragmatique. Le marché existe parce qu’on l’alimente. Tous. Les bots sont une plaie. Mais la demande crée l’offre. Si personne achetait à 500 balles, les prix s’effondreraient. On est complices du système qu’on dénonce.
La vraie question : qu’est-ce qu’on kiffe vraiment ?
Voilà où ça coince. Est-ce qu’on aime les sneakers ou le sentiment d’exclusivité ? J’aimerais dire « les sneakers ». Mais soyons francs. Une GR me fait moins vibrer qu’une édition limitée. Bon, j’exagère pour les besoins de l’article mais tu vois où je veux en venir. La rareté change tout. C’est bancal comme logique. Peut-être que la culture évolue. Moins de purisme, plus de nuances. Moins de certitudes, plus de contradictions assumées. Ça me va.
Photo de la couverture : Sea-Blackberry-8684



Pas du tout adepte de la hype, je n’ai jamais acheté POUR revendre. Par contre c’est certain que j’ai profité involontairement de la hype quand j’ai revendu des paires que j’avais chopé en double ou triple parce que j’avais participé à plusieurs raffle pour espérer choper une paire d’AJ4 OG par exemple… Et encore, j’étais le moins cher du marché (mais je pouvais pas non plus vendre retail car j’aurais alors revendu à des mecs qui auraient achetés pour revendre. Je ne voulais pas profiter de la hype, mais pas non plus vendre à des resellers). Aujourd’hui, ma rotation de paire est plus restreinte (changement de taf, je peux moins porter. Et d’autres priorité aussi. J’ai LARGEMENT assez de paires de toutes façons…) et je regrette un peu de ne pas avoir revendu certaines paires plus tôt, car les paires dont je veux me séparer valait bien plus y a quelques temps. Sans parler des NIKE que je suis entrain de perdre au fur à mesure à cause des semelles à obsolescence programmée…