Chez Overkill, la adidas ZX commence sérieusement à ressembler à une obsession qu’aucun proche n’ose plus signaler. Tu prononces « Torsion », quelqu’un à Berlin ouvre probablement déjà une boîte bleue. Pourtant, derrière la blague se cache une relation avec la marque au Trèfle beaucoup plus profonde qu’une accumulation de collaborations. Parce qu’Overkill n’a pas simplement vendu des ZX. Le shop a fini par participer à leur folklore.
L’essentiel :
- Overkill ne se contente pas de collaborer avec adidas ZX : de la ZX 10,000 aux projets récents, le shop berlinois participe activement à la culture qui entourent la gamme.
- Chaque grosse collaboration raconte une histoire : avec No Walls Needed, Overkill a transformé la ZX 8000 en morceau d’histoire berlinoise, jusqu’aux 100 € de « Welcome Money » distribués lors du lancement.
- La “ZX Family” existe vraiment chez Overkill : rencontres avec les figures historiques d’adidas, événements entre collectionneurs et projets mémoriels montrent que ZX est devenue bien plus qu’une sneaker à vendre.
La adidas ZX : la Air Max allemande
Pour comprendre pourquoi Overkill pousse le délire ZX aussi loin, il faut déjà se rappeler un truc tout bête : en Allemagne, adidas joue à domicile. La marque est née à Herzogenaurach et les trois bandes font partie du paysage depuis des générations. Nike peut évidemment compter sur une énorme popularité outre-Rhin, mais la marque américaine ne joue pas avec les mêmes racines. C’est un peu comme arriver dans une famille où tout le monde se connaît depuis cinquante ans : tu peux devenir le meilleur pote de la bande, mais tu n’auras jamais les clés de la maison.
Dans cette histoire allemande avec adidas, la adidas ZX occupe une place particulière. J’irais même jusqu’à la comparer à la Air Max, non pas parce que les deux gammes se ressemblent, mais parce qu’elles déclenchent ce même attachement qui dépasse largement la chaussure. La ZX, ce n’est pas seulement une histoire de Torsion, de mesh ou de coloris kitch. Elle renvoie aussi à des souvenirs, à des villes, à des boutiques et surtout à plusieurs générations de passionnés qui ont grandi avec ces modèles aux pieds ou dans un coin de la tête.
En gros, la adidas ZX est un peu la Air Max allemande. Comme la bulle d’air de Nike a marqué certaines cultures sneaker en France, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, la ZX possède outre-Rhin une résonance difficile à retrouver ailleurs avec la même intensité. Bien sûr, elle compte des mordus dans toute l’Europe. Je ne vais pas déclencher un incident diplomatique pour une ZX 8000. Mais en Allemagne, l’histoire prend une autre épaisseur, parce que la culture sneaker rencontre ici une forme de patrimoine local.
Du coup, quand Overkill exhume un vieux coloris, invite une figure historique de la gamme ou part fouiller les archives adidas à Herzogenaurach, le shop ne joue pas simplement au collectionneur qui connaît par cœur des références que le commun des mortels prendrait pour des codes Wi-Fi. Il entretient une histoire qui s’est construite presque dans son jardin.
Une vieille ZX n’y représente pas seulement une paire qu’adidas pourrait ressortir vingt ou trente ans plus tard en espérant titiller notre nostalgie et, accessoirement, notre carte bancaire. Elle transporte aussi un petit morceau de culture sneaker allemande. Quand tu comprends ça, l’obsession d’Overkill paraît soudain beaucoup moins étrange. Bon, « beaucoup moins » reste peut-être un peu généreux.
Avant les sneakers, il y avait déjà la rue
L’histoire colle plutôt bien aux personnages. Overkill vient de la culture graffiti berlinoise (ses 2 fondateurs, Robert Schultz et Thomas Peiser) avant de devenir un shop de sneakers. Cette origine n’explique pas à elle seule l’amour d’Overkill pour ZX, mais elle éclaire sa façon de l’aborder. Chez eux, on ne collectionne pas seulement les paires : on connaît les coloris d’époque, les technologies, les designers et les petites histoires cachées derrière les modèles. Bref, Overkill traite la gamme ZX comme certains collectionnent les vinyles : posséder l’objet, c’est bien ; savoir pourquoi il compte, c’est encore mieux.
Mais un détail traduit particulièrement bien cette passion. En 2019, Overkill participe au lancement de la nouvelle ZX 10,000 C avec l’édition “I Can If I Want”. La boîte contient une paire reprenant les couleurs de la mythique ZX 9000 Hydra, mais aussi une troisième chaussure, seule, habillée du coloris “Aqua” de la ZX 8000. Un drôle de coffret qui résume finalement assez bien l’obsession d’Overkill pour les archives ZX.
No Walls Needed : quand Berlin entre dans la boîte
Puis arrive adidas ZX 8000 No Walls Needed en 2019, et là, la boutique allemande sort l’artillerie lourde.
Pour les trente ans de la chute du mur, le shop et adidas imaginent un double pack de ZX 8000 limité à 1 989 exemplaires. Les quatre chaussures peuvent être mélangées et portent des symboles représentant l’égalité, l’individualité, la liberté et l’unité. Même la boîte imite le béton du mur. Mais mon détail préféré se trouve ailleurs. Lors du pré-lancement berlinois, les acheteurs recevaient 100 euros de “Welcome Money”. Ce cadeau faisait référence au Begrüßungsgeld, l’argent d’accueil versé autrefois par l’Allemagne de l’Ouest aux visiteurs venus de RDA. Tu achètes une ZX et tu repars avec un mini cours d’histoire allemande. On a connu des collaborations dont le storytelling n’allait pas aussi loin.
La ZX Family n’est pas qu’un hashtag
Le shop entretient autour de la ZX une communauté de collectionneurs qui connaît parfois l’arbre généalogique de la ZX 8000 mieux que le sien.
En 2026, pour la sortie de la ZX 8000 JC & MT, Overkill est même allé fouiller les archives adidas à Herzogenaurach et rencontrer Jacques Chassaing, des responsables adidas ainsi que Markus Walter Thaler, fils de Markus Thaler, autre figure importante de l’histoire ZX. Lors de l’événement berlinois, environ 200 personnes assistent ensuite à une table ronde. Marc Leuschner, patron d’Overkill et passionné de ZX, évoque alors son souhait de créer un jour une adidas en hommage à leur ami disparu Zetti. Eyüp Alkan, représentant adidas présent sur scène, lui répond que ce projet deviendra réalité. La salle explose en applaudissements. Voilà pourquoi réduire Overkill à « un shop qui fait beaucoup de ZX » rate complètement le sujet.
De la No Walls Needed à The Missing Link, Overkill utilise la ZX comme d’autres utilisent un vieux vinyle : pour conserver une histoire, la transmettre et parfois lui ajouter une nouvelle piste.
Alors oui, leur obsession pour ZX devient légèrement inquiétante. Mais entre nous, si tu lis encore cet article, tu n’es probablement pas très bien placé pour leur faire la morale.
Overkill x adidas ZX 8000 No Walls Needed via @thomas.poge
@torkertony
Overkill x adidas ZX 10000C I Can if I Want via @diggerdas
@tijnwitteveen
@adidas ZX 8000 JC & MT @isoga.mi
adidas Consortium x ZX 8000 The Missing Link via @redcatz1892
Overkill x adidas ZX 8000 Away via @sashlebang
Overkill x adidas ZX 8000 France @sashlebang
















