Tu pensais que la adidas ZX 7300 Arsenal dormait tranquillement dans les archives depuis les années 1980 ? Moi aussi, j’aurais pu tomber dans le panneau. Cependant, cette ZX n’a jamais existé. C’est pourquoi cette histoire mérite d’être racontée.
Pour la collection SPZL F.C. 2026, Gary Aspden et son équipe devaient travailler autour de trois clubs qui partagent un petit problème : ils jouent tous en rouge et blanc. Autrement dit, si tu veux éviter de servir trois fois le même plat en changeant simplement la garniture, il faut commencer à se creuser la tête. SPZL aurait pu choisir une silhouette commune, changer les couleurs, coller les écussons et emballer le tout. Merci, au revoir, rendez-vous au prochain drop. Mais Aspden voulait que chaque sneaker entretienne un rapport avec la ville de son club. Pour Arsenal, cette réflexion va directement conduire aux archives ZX.
L’essentiel
- La ZX 7300 n’existait pas dans les archives adidas. SPZL l’a créée spécialement pour Arsenal en mélangeant des éléments de plusieurs ZX historiques.
- Son nom vient de sa position entre la ZX 7000 et la ZX 8000. Gary Aspden voulait conserver le langage rétrofuturiste imaginé à l’époque par Jacques Chassaing.
- Le choix de la famille ZX Torsion n’est pas un hasard. SPZL l’a retenue pour Arsenal en raison de la popularité historique de cette gamme à Londres.
Pourquoi Arsenal a hérité de la famille ZX Torsion
Selon Aspden, la gamme ZX Torsion possède une vraie popularité à Londres. SPZL ne l’avait pourtant jamais exploitée auparavant, ce qui ouvrait un joli terrain de jeu. Seulement, l’équipe ne voulait pas récupérer une ancienne ZX, puis lui enfiler les couleurs d’Arsenal. Elle a préféré piocher dans plusieurs modèles pour construire quelque chose de nouveau. Et là, forcément, mes oreilles de sneakerhead commencent à se dresser. Parce que la ZX 7300 n’est pas une réédition. Ce n’est même pas une obscure référence que trois collectionneurs allemands connaissaient déjà grâce à un catalogue poussiéreux genre celui de La Redoute ou des 3 Suisses, retrouvé dans un grenier. SPZL l’a réellement créée pour ce projet.
Entre ZX 7000 et ZX 8000, SPZL invente la ZX 7300
Gary Aspden explique que son équipe a assemblé différents éléments issus de la famille ZX. Une fois le puzzle terminé, la chaussure se situait quelque part entre une ZX 7000 et une ZX 8000. C’est ainsi que le numéro ZX 7300 est né. Alors oui, mathématiquement, j’aurais plutôt attendu une ZX 7500. Mais je collectionne des baskets, pas des diplômes de Polytechnique, donc je vais faire confiance à Gary sur ce coup-là.
Ce qui compte surtout, c’est la démarche. adidas Spezial ne cherche pas à reproduire servilement une archive. L’équipe reprend suffisamment de codes historiques pour que cette nouvelle silhouette parle immédiatement le langage ZX. Aspden cite d’ailleurs Jacques Chassaing, le designer français derrière les ZX originales qui ont servi de références. Il le remercie directement pour cette inspiration. La ZX 7300 joue donc un drôle de tour à notre mémoire. Tu la regardes et ton cerveau te souffle que tu l’as forcément déjà croisée quelque part. Pourtant, elle est bel et bien née en 2026.
Arsenal a même failli virer un détail essentiel
L’histoire devient encore meilleure avec la languette. Au départ, SPZL voulait installer l’écusson historique d’Arsenal sur son patch tissé. A priori, rien de choquant. Tu fais une collaboration avec Arsenal, tu places le blason bien en vue. A la fin du match, tout le monde rentre chez soi content. Sauf qu’en essayant cette solution, l’équipe comprend que quelque chose cloche. La fameuse typographie numérique ZX présente sur la languette semblait presque anecdotique jusqu’au moment où elle a disparu. Sans elle, la chaussure perdait une partie de son identité, un peu comme une vieille Porsche à laquelle tu collerais un écran tactile géant au milieu du tableau de bord. Ça fonctionne peut-être, mais tu viens de casser quelque chose au passage. SPZL a donc reculé et déplacé l’écusson d’Arsenal vers le bijou de lacet et la semelle intérieure. La paire reçoit même plusieurs options de lacets et de bijoux pour varier les détails. Le move se révèle judicieux. Aspden et son équipe ont créé une ZX qui n’existait pas tout en respectant suffisamment les anciennes pour nous faire croire le contraire. Un peu comme Overkill avec son pack The Missing Link qui associe une ZX 8000 et une ZX 8094 influencées par la gamme adidas Equipment. Mine de rien, réussir à inventer une fausse archive, c’est autrement plus compliqué que de sortir une vieille silhouette du placard et de juste retravailler ses couleurs.







