Une marque de sport allemande et une boisson gazeuse américaine qui décident de faire des chaussures ensemble, ouais, même moi j’aurais trouvé ça bizarre à expliquer à ma mère. Pourtant, l’histoire de la collection adidas x Coca-Cola tient depuis 2002 et s’étire sur trois chapitres, avec la régularité d’un bus de banlieue qui passe tous les quarts de siècle.
L’essentiel à retenir :
- adidas et Coca-Cola collaborent pour la première fois en 2002 sur la Climacool, à l’occasion du Mondial Japon/Corée.
- La directrice licensing de Coca-Cola confirmait en 2016 que la paire originale « s’était vendue immédiatement ».
- En 2016, la Climacool revient en exclusivité chez Colette Paris, déclinée en deux coloris inspirés de la gamme Coca.
- La collection 2026 compte six silhouettes dont la Samba, la Superstar II et la Climacool 1, disponibles à partir de 110€.
- Les deux marques partagent le statut de co-sponsors officiels FIFA, ce partenariat déclenche chaque collab.
2002 : la Climacool qui disparaît avant même que tu aies le temps de sortir ta carte bleue
Revenons à l’origine. En 2002, adidas balance la Climacool sur le marché, une running qui fait circuler l’air à 360° autour du pied, par les côtés, par le dessus, et même par en dessous. Concrètement, c’est comme porter un ventilateur aux pieds, sauf que ça rentre dans une chaussure et que ça te fait pas ressembler à un électroménager ambulant. L’idée paraît simple dit comme ça, mais en 2002, personne ne pensait à ventiler les pieds, on préférait empiler des couches de mousse et appeler ça de l’innovation.
Cette même année, le Mondial se joue au Japon et en Corée du Sud. adidas sponsorise l’événement. Coca-Cola aussi. Deux marques au même endroit, au même moment, logiquement, quelqu’un dans une salle de réunion a dû se dire que ça valait le coup de faire une paire ensemble. La adidas Climacool x Coca-Cola débarque en rouge et or, avec le logo de la boisson intégré au talon. Discrètement, mais distinctement.
Résultat ? Kate Dwyer, directrice Licensing Monde de Coca-Cola, le résumait en 2016 sans chercher à faire dans la métaphore : « La chaussure s’est vendue immédiatement. C’était l’une des plus recherchées. » Autrement dit, la paire avait disparu des rayons avant même que la plupart des gens réalisent qu’elle existait. C’est le genre de sortie qui transforme une chaussure en légende par défaut, pas parce qu’elle valait plus que les autres, mais parce qu’on ne pouvait tout simplement pas mettre la main dessus.
2016 : Colette, trois coloris et une exclusivité parisienne qui sent bon la nostalgie
Quatorze ans filent. adidas décide de ressortir la Climacool 1 en mode archive, les marques font ça comme on retourne chercher une vieille veste au fond du placard, en espérant que la mode ait fait le tour et les rattrape. La collaboration Coca-Cola redémarre avec elle, cette fois en exclusivité chez Colette, rue Saint-Honoré à Paris, là où se croisaient les sneakerheads et les touristes qui ne savaient pas trop pourquoi ils faisaient la queue.
Trois coloris au programme : rouge pour le Coca classique, gris clair pour le Coca Light, noir pour le Coca Zero. Le branding reste intégré sans s’imposer, et les paires partent aussi vite qu’en 2002. Ce retour ne coïncide pas directement avec une Coupe du Monde, c’est l’Euro 2016 qui sert de contexte — mais la logique reste identique : un grand événement football, deux partenaires officiels, une édition limitée qui disparaît avant que tu aies eu le temps de peser le pour et le contre.
2026 : six paires, un Mondial américain et Atlanta qui tombe à pic
On arrive au présent. Pour la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, adidas et Coca-Cola remettent le couvert avec une ambition clairement supérieure aux épisodes précédents. Six silhouettes au programme : deux versions de la adidas Samba OG, deux de la adidas Superstar II, une adidas Climacool 1 et une adidas Megaride F50. Les prix partent de 110€ et montent jusqu’à 140€ selon les modèles. La collection est sortie le 6 juin sur adidas.com et chez une sélection de revendeurs.
Ce qui donne de la cohérence à tout ça, c’est qu’Atlanta figure parmi les villes hôtes du Mondial 2026. Atlanta, le siège mondial de Coca-Cola. Difficile de trouver meilleur prétexte géographique à une collab. Parmi les paires, la Samba OG joue la carte du jacquard tissé avec le logo Coca en motif répété, la Climacool 1 évoque une canette fraîche avec son rouge et ses détails argentés, et la Superstar II reste la plus sobre du lot avec son lettrage « Enjoy Coca-Cola » sur le côté externe.
Ce que cette histoire dit vraiment des deux marques
Ce qui distingue l’histoire des sneakers adidas x Coca-Cola de la masse des collabs opportunistes, c’est ça : un fil conducteur qu’on peut tracer sur une carte. Ces deux marques ne se retrouvent pas par hasard ou parce qu’un directeur artistique a eu une illumination. Elles partagent le même agenda FIFA depuis plus de vingt ans. Cet agenda déclenche chaque collaboration, pas l’inverse. Dans le sneaker game, les collabs naissent souvent d’un calcul de visibilité pure. Cette régularité-là mérite d’être saluée.
La collection 2026 gagne en volume ce qu’elle perd un peu en exclusivité : six silhouettes, c’est généreux, et la rareté qui faisait le sel de 2002 ne se reproduit probablement pas à l’identique. Mais la Climacool, elle, revient avec un vrai propos. Pour le reste, l’histoire tient, et c’est déjà pas si courant.
Photos : @antho.nike, @alexr12345, Atmos Tokyo & Vegnonveg
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