La marque au Jumpman ressort la Air Jordan Son of Mars Low en 2026, avec quatre colorways classiques à 159.99€ : Black Cement, White Cement, Cement Grey, Do The Right Thing. Un come back qui est tout sauf neutre. La question qui fâche, celle que personne dans la presse sneaker ne pose, c’est : est-ce que Jordan Brand est à court d’idées, ou s’agit-il d’une bonne nouvelle ? Je vais te donner mon avis sans prendre de gants. Si un peu car ça reste la paire validée par Jean Rochefort.
L’essentiel en 30 secondes :
- La Jordan Son of Mars Low revient cet été 2026 en full family sizing. Au moins quatre colorways confirmés avec un prix de 160 euros la paire.
- Les premières baskets ont déjà touché les boutiques depuis mars.
- Si tu veux juste savoir ça, tu l’as. Mais si tu veux comprendre pourquoi ce retour est plus complexe qu’il n’y paraît, lis la suite.
La Jordan Son of Mars Low, c’est quoi exactement ?
Avant d’aller plus loin, faut que tu comprennes ce que c’est vraiment, ce modèle. Ce n’est pas un rétro classique comme une Air Jordan 4 ou une Jordan 1. C’est ce qu’on appelle dans la culture sneakers une hybride, une espèce de mash-up. Concrètement, Jordan Brand a pris des éléments esthétiques de plusieurs modèles emblématiques et les a assemblés sur une seule chaussure. L’imprimé éléphant vient de la Air Jordan 3. La langue surdimensionnée reflective, c’est une signature de la Air Jordan 5. La semelle intermédiaire rappelle directement la Air Jordan 4. Le tout est enveloppé avec un peu d’Air Jordan 6.
Imagine qu’on te serve un burger dont chaque ingrédient vient d’un restaurant différent, tous excellents. Le résultat peut être brillant ou une catastrophe. Ce concept hybride, ce n’est pas sorti de nulle part. Il a une véritable histoire derrière.
Spike Lee, Mars Blackmon, et la genèse d’une idée folle
Tout remonte à la fin des années 80. Spike Lee tourne des publicités pour Nike et Jordan Brand. Il y joue Mars Blackmon, un personnage obsédé par Michael Jordan et ses chaussures. Ces pubs, elles sont géniales et font partie aujourd’hui de la culture pop. « It’s Gotta Be the Shoes » reste l’une des campagnes les plus marquantes de l’histoire du sport marketing. Spike Lee n’était pas un simple acteur, il a contribuer à façonner l’image de Jordan (pas autant que MJ lui-même, faut pas déconner quand même).
Ce partenariat dure. En 2006, Jordan Brand lui rend hommage avec la Jordan Spiz’ike. Le concept est simple : fusionner les éléments des Air Jordan 3, 4, 5, 6, 9 et 20 en un seul modèle. La Spiz’ike cartonne et lance une mode; D’autres Jordan hybrides suivent : Jordan Dub Zero, Jordan 6 Rings…. En 2012, la Son of Mars arrive en version montante. La basse qui sort en 2015 se veut plus facile à porter au quotidien grâce au collier abaissé.
On en est là aujourd’hui. Dix ans après la SOM Low, Jordan Brand la ressort. La question n’est pas de savoir si c’est beau, ça l’est (bien qu’on puisse en débattre). La question c’est : pourquoi maintenant, et qu’est-ce que ça dit sur l’état de la marque ?
2026, l’année où la marque au Jumpman mange dans ses propres archives
Jordan Brand n’a pas inventé la nostalgie mais en 2026, elle est devenue leur principal carburant. 2025 a été une année de rééditions monumentales : retour des Air Jordan 4 Black Cat, White Cement, Jordan 1 High OG Shattered Backboard. Un catalogue entier passé à la moulinette. Cette année, on continue dans la même veine, avec des sneakers hybrides en masse : Jordan MVP 92, Jordan 3 RM, Sixty Plus, puis Son of Mars Low.
Sneaker News l’a dit clairement : JB s’appuie massivement sur sa catégorie retro hybride. Ce n’est pas moi qui l’invente. Quand tu regardes la liste des sorties 2026, tu remarques quelque chose. L’innovation, les vrais nouveaux modèles, les silhouettes qui sortent de nulle part, elle est quasi exclusivement réservée à sa signature line comme la Air Jordan 40, par exemple. Donc, les Jordan de performance pure, tout le reste, c’est du catalogue.
Alors, est-ce une panne créative ? En partie oui. Mais ce n’est pas toute l’histoire.
Deux lectures possibles
Il y a une lecture positive à ce retour, je vais pas faire semblant qu’elle n’existe pas. 2026, c’est les 40 ans du premier film de Spike Lee, She’s Gotta Have It. Jordan Brand sort la Son of Mars Low cette même année. Une coïncidence ? Pas vraiment. C’est un choix narratif. La marque réactive le lien culturel entre Spike Lee et le Jumpman au moment précis où ce lien a une raison d’être célébrée. C’est bien joué. La faute serait de n’avoir rien fait, non ? Célébrer son histoire permet de la faire vivre et de transmettre la culture sneakers aux nouvelles générations.
Cependant, la lecture critique tient aussi la route. Quand le modèle « nouveau » le plus vénère de ton catalogue est une Air Jordan hybride lancée en 2015, ça pose question. Nike et Jordan Brand font face à une pression concurrentielle réelle avec adidas, New Balance, Asics qui trustent la hype depuis maintenant plusieurs années. La réponse du Jumpman, c’est de rouvrir le coffre. C’est un peu trop confortable, non ?
Les quatre coloris passés au crible : ce qui vaut le coup
Alors, si tu veux savoir quoi acheter, voilà mon analyse. La Jordan Son of Mars Low Black Cement est la paire la plus solide du lot. L’elephant print noir sur un fond sombre, c’est une référence directe à la Air Jordan 3 Black Cement de 1988, l’une des silhouettes les plus respectées de toute l’histoire du Jumpman. Tu ne peux pas te tromper avec ça.
La Jordan Son of Mars Low White Cement est la plus portable des quatre. Version lumineuse, parfaite pour l’été, elle joue la même carte nostalgique mais avec une polyvalence plus grande.
La Jordan Son of Mars Low Cement Grey brille par sa discrétion. Elle fait son taf bien qu’il n’y ait pas d’histoire forte derrière.
Et puis il y a la Jordan Son of Mars Low Do The Right Thing. Celle-là, je dois te l’expliquer, parce qu’elle est dans une catégorie à part. Do The Right Thing c’est le film de Spike Lee sorti en 1989, une œuvre sur les tensions raciales à Brooklyn, filmée un jour de canicule, avec des Air Jordan dans les pieds des personnages. C’est 100% de culture sneakers. C’est le seul colorway de ce lineup qui porte une telle tension narrative. Tous les autres t’offrent de la belle nostalgie, celui-là te raconte quelque chose d’autre. Si tu ne devais en choisir qu’un, prends la Jordan SOM Low Do The Right Thing, rien que pour l’histoire.
Jordan Brand a-t-il encore quelque chose à prouver ?
Oui. C’est pour cela que ce retour m’intéresse, même si j’ai quelques réserves. Jordan Brand reste la marque de sneaker la plus culturellement puissante de la planète. Mais cette domination repose sur un héritage qui date des années 80 et 90. Sur un halo, ce prestige diffus qui fait qu’une Jordan, même hybride, même discutable, s’impose encore naturellement.
Le problème avec ce type de stratégie, c’est qu’elle fonctionne jusqu’au moment où elle ne fonctionne plus. Quand la nostalgie devient le seul argument, le lien émotionnel se dilue. Les jeunes acheteurs de sneakers en 2026 n’ont pas vécu les pubs avec Mars Blackmon. Ils ne savent pas forcément qui était Spike Lee avant de googler. Pour eux, cette paire est une hybride sympa à 160 euros. Pas sûr que la dimension culturelle leur parle.
Jordan Brand joue un double pari : fidéliser les vieux de la vieille qui connaissent l’histoire, et introduire de nouveaux acheteurs à l’héritage. C’est intelligent sur le papier mais risqué en pratique.
Alors, on achète ou pas ?
Tu es fan de Spike Lee et tu connais l’histoire des publicité Jordan des années 80 ? La Do The Right Thing est fait pour toi. C’est la paire qui a le plus de sens dans cette collection.
Tu cherches de la nouveauté créative, une silhouette qui repousse des limites ? Passe ton chemin, ce n’est pas là que Jordan Brand innove en ce moment.
FAQ : tout savoir sur la Jordan Son of Mars Low 2026
La Jordan Son of Mars Low 2026, c’est quoi exactement ?
C’est une Jordan hybride qui fusionne des éléments des Air Jordan 3, 4, 5 et 6 sur une seule chaussure. Originellement liée à Spike Lee et son personnage Mars Blackmon, elle revient en 2026 avec quatre coloris classiques.
C’est quoi la différence entre la Jordan Son of Mars et la Jordan Spiz’ike ?
La Spizike, sortie en 2006, mélange six modèles différents dont la Jordan 9 et la Jordan 20. La Son of Mars se concentre sur les quatre premières silhouettes numérotées. La Low, c’est la version plus accessible avec un col abaissé.
Est-ce que la Son of Mars Low est confortable au quotidien ?
Oui, c’est une des forces du modèle. La semelle Air assure un bon amorti, et le col bas facilite l’enfilage et le port prolongé.
La Do The Right Thing, c’est un colorway à risque en termes de revente ?
Non. C’est celui qui a le plus de storytelling derrière lui, et l’histoire montre que les paires avec une vraie narration culturelle tiennent mieux leur valeur sur le marché secondaire que les coloris purement décoratifs.
Versions 2013 :
Jordan Son of Mars Low Do The Right Thing via @alandzulhaus
Jordan Son Of Mars Low White Cement @illflame
Air Jordan Son Of Mars Low Black Cement via ceaccord









