Pourquoi la Reebok Pump Twilight Zone n’a jamais eu le statut des Air Jordan ? L’analyse

Il y a une injustice dans la sneaker culture qui me ronge depuis longtemps. La Reebok Pump Twilight Zone avait tout pour dominer. Le joueur, la technologie, le design. Et pourtant, aujourd’hui, tout le monde connaît la Air Jordan. Personne ne parle de la TZ. C’est ça qui me choque.

Une paire qui avait tout pour dominer

En 1990, Reebok lâche une bombe sur les parquets NBA. La Twilight Zone arrive avec deux technologies en même temps. Le système Pump d’abord, ce bouton sur la languette qui gonfle la chaussure pour un maintien sur mesure. L’ERS ensuite, le système de retour d’énergie dans le talon, conçu pour amortir les chocs et aider à l’impulsion. C’était dingue pour l’époque.

Dominique Wilkins, l’un des meilleurs scoreurs de toute l’histoire de la NBA, les a aux pieds aux pieds.  Il remporte son deuxième titre au Slam Dunk Contest avec. Objectivement, la marque fondée en 1895 avait une arme atomique entre les mains.

Le problème ? Elle s’appelait pas Jordan

Voilà le problème. La Reebok Pump Twilight Zone ne souffre pas d’un défaut technique. Elle souffre d’un problème de destin.

  1. Wilkins était un génie. Jordan était un extraterrestre. Ce n’est pas la même chose. Nike ne vendait pas une chaussure. Nike vendait la possibilité de devenir quelqu’un. Une promesse que Reebok n’a jamais su formuler aussi clairement.
  2. Le marketing de Reebok misait sur les caractéristiques techniques. Le Pump, le système ERS. Les technologies brevetées quoi. C’était impressionnant mais l’émotion bat toujours les infos produit.
  3. Sortir une paire au début des années 90, c’est affronter la Jordan-mania. Le match est plié d’avance. Michael venait de gagner son premier titre avec ses Air Jordan 6 Infrared. La presse ne parlait que de lui. Même la meilleure sneaker du monde ne pouvait pas gagner ce battle-là. La Twilight Zone est arrivée au mauvais moment face au mauvais adversaire.

Et c’est là le vrai paradoxe. La publicité « Pump Up and Air Out » avec Wilkins qui défie Jordan reste culte dans la sneaker culture. On se souvient mieux de la pub que de la chaussure. Reebok avait le bon joueur, le bon concept. Mais peut-être pas la bonne narration.

Ce que la culture sneaker lui doit quand même

Ne pas lui rendre hommage serait une faute. La Reebok Pump Twilight Zone a participé à la guerre Pump vs Air qui a fait avancer tout le secteur. Elle a prouvé que la technologie pouvait être spectaculaire quoi qu’on en dise. Elle a rendu les sneakers de basket carrément irrésistibles. Macaulay Culkin signerait des deux mains.

35 ans après, Reebok la ressort de temps en temps. Le colorway Neon Cherry de 2023 s’est arraché malgré l’absence (incompréhensible) du système ERS. La silhouette tient toujours la route niveau esthétique. Pour le confort, faut pas trop être exigeant non plus. Comme quoi, même une paire qu’on avait enterrée peut revenir fort.

La Reebok Pump Twilight Zone reste une victime de son époque, pas de sa qualité. C’est une pièce que les connaisseurs tiennent en haute estime. La laisser derrière les sneakers flanquées d’un Jumpman, c’était presque injuste.
Alors je te pose la question directement : toi, tu la mets au même niveau que les Air Jordan ?

@javiermcfly90

Reebok Pump Twilight Zone (1)

@richsretros

Reebok Pump Twilight Zone

@jrobs_sneaker_obs

Reebok Pump Twilight Zone Neon Cherry

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Boss est le fondateur et rédacteur en chef de Sneakers-actus, qu'il a fondé en 2010. Comptant plusieurs millions de lecteurs depuis sa création, Sneakers-actus est un site français incontournable. Avec 15000 articles à son actif couvrant les sorties, les tendances et la culture, l'expertise de ce grand passionné n'est plus à démontrer. Son application et son expérience longue de 17 ans dans l'univers du blogging, lui permettent de vous livrer une analyse fine de l'actualité.

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7 commentaires

  1. Oui, clairement. Pas la TZ exclusivement mais toute cette génération de Pump (OZ, TZ, Blacktop etc…)
    J’aime autant les Pump des 90’s que les Jordan de la même époque. J’ai même beaucoup plus de souvenirs à jalouser les Pump de certains amis que des Jordan.
    C’est bien dommage que Reebok ne sache pas rééditer des rétros de toutes les merveilles qu’ils ont pu sortir à l’époque.

  2. Salut !

    Cet article et le com’ de Julien me réveillent pas mal de beaux souvenirs aussi.
    D’autant plus maintenant que Reebok (j’le dis clairement : depuis toujours ma deuxième marque préférée juste derrière le Swooch – j’ai toujours plus kiffé que les marques allemandes, la gamme « Cons » de Converse, Fila, L.A. Gear, Ewing Athletics, etc) est pour ainsi dire à l’état de mort clinique. Depuis qu’adidas a revendu cette marque à l’histoire prestigieuse au médiocre Athletics Brand Group : c’est la cata’ !

    Nouveaux modèles au compte-goutte et sans aucun intérêt en soi, rééditions des OG au point mort total, qualité très très aléatoire parce que trop souvent bâclée par la sous-traitance asiatique de seconde zone, rétrogradation complète dans les Chausséa ou autres sites de déstockage (en ce moment, on peut carrément toper des Question I « Kobe » neuves pour à peine 60 balles, ce qui était encore impensable il y a huit-dix ans, etc), direction esthétique et commerciale hyper floue et sans ambition à terme – la présidence de The Answer et du Shaq’ : c’est vraiment de l’emploi fictif, etc.

    Reebok, dans les années 90 : ça flashait plein de rêve dans les yeux des gosses et on en voulait tous au moins une paire dans la rotation (et pour jouer sur playground : le must ! tellement c’était solide et increvable – pas pour rien que Nike et adidas ne débarquent qu’en ’93-94 sur ce marché bien spécifique en réalité initié par la marque à l’English Flag deux-trois ans plus tôt, etc). Aussi, quand Dee Brown débarque et remporte le Slam Dunk Contest au All-Star Game ’91 avec la Pump Omni Zone II aux pieds : ça avait instantanément cassé la baraque !

    Je me souviens aussi de la guerre commerciale intense entre la marque de Bolton et Nike durant les JO de Barcelona ’92 et d’Atlanta ’96 : c’était du gros mano-a-mano pour rivaliser d’innovation esthétique et technologique, un véritable âge d’argent pour l’histoire de la sneaker… Reebok talonnait tout le temps Nike qui était constamment obligée de se sortir les doigts pour conserver le leadership du marché. Ça se tirait la bourre pour le plus grand bonheur des consommateurs en premier lieu.

    Perso’, de toutes les paires en basket et running que j’ai eues et possède encore (il m’en reste notamment trois-quatre paires d’Hexalite dans le dressing : la Kamikaze I OG ’94 de Shawn Kemp – ma préférée all-time, la magnifique Pyro ’92 en double exemplaire, etc) : je n’ai été seulement déçu que très récemment sur le qualitatif – exemple : l’immonde réédition 2019 avec son faux-amorti en toc de la pourtant excellente à l’époque Bolton ’92, etc (ces salopards avaient truqué le si célèbre « nid d’abeille » en une pauvre pellicule plastique contrefaite).

    Je suis attristé de ce que subit cette entreprise pourtant très importante dans l’histoire de la sneaker. Déjà sous la fin du pavillon adidas, l’ambition était très molle alors que le catalogue est riche et contient nombre de pépites tout à fait inconnues du grand public et des jeunes sneakerheads actuels (ne serait-ce que toute la gamme Pump, la mythique collection Above The Rim actuellement parodiée par de la remise au goût du jour hybride dégueulasse pour la street, etc).

    Quant à moi, mon Top-3 Pump :
    1. Omni Zone II (1991) / 2. D Time (1993) / 3. Graphlite (1992 – c’était la running de Marie-José Pérec aux JO ’92 – hyper classe avec son coloris OG « Lakers » et la première que j’ai portée dans ma vie : une méga bombasse de maintien et de souplesse avec sa semelle ultra novatrice ; je vous laisse mater sur le web si ça vous intrigue ;-)).

    @+ tout le monde, et portez ce qui vous !, vous fait d’abord kiffer (à bas le mimétisme hypé ! ^^)
    Pierrito

  3. Tout a été dit par mes voisins du dessus!
    Je rajouterais juste que les Reebok Pump faisaient avoir des « gros » pieds, ça donnait un aspect plus imposant et massif au pied que des Jordan, moins stylé je trouve (surtout pour moi qui taille en 45!).
    Mais qu’est ce que j’ai pu tripper sur ces modèles…
    Si Reebok avait su garder une qualité de réedition optimale dès le départ (J’ai des omni zone ERS de 2012 ou 2014, je sais plus qui ont déjà des fake ERS), la Pump aurait pu continuer à lutter mais ils ont préféré ressortir des modèles avec des technologies au rabais, du coup ils se sont cassé la gueule, rien d’étonnant.
    Et Michael Jordan est le GOAT, Wilkins, tout aussi fort qu’il était n’avait pas les stats de MJ, ça joue aussi je pense…

  4. Merci pour ces bons commentaires, ça me rassure de me sentir moins seul avec ces souvenirs (même si je n’en ai pas autant que toi Pierrito!).
    Il y aurait forcément les Court Victory II dans mon top 3. Je pense avoir bavé sur les blanches (avec la balle verte sur la languette) au moins autant que sur les ATC3 Volt d’Agassi! Je suis heureux d’avoir toujours les OG même si elles ne peuvent plus être portées…
    Les Arsenal c’est quelque chose aussi.
    Les D-Time comme tu disais, c’est tellement bon aussi.
    Les Graphlite de Marie José, je ne m’en rappelais plus! J’ai regardé sur Google et ça m’est revenu dans la tête comme au premier jour. Elles étaient top, en effet…!
    Bref, la liste de pépites est quasiment infinie mais je pense qu’on peut tirer un trait sur l’espoir de rééditions dignes de ce nom. Voire même de rééditions tout court j’ai l’impression… Bien dommage

  5. je ne peux que faire un gros « +1 » à tout ce qui vient d’être dit.

    Je voudrais juste indiquer que je lorgnais pour ma part à l’aube des années 90 les double pump, ce modèle de folie. Bref que de souvenirs merci pour le « revival »

  6. Pour moi, les Pump bien avant les Jordan. Tout simplement parce qu’au collège, y avait les Torsion, y avait les Asics Gel, y avait les Nike air 90 et 180, les Air Tech Challenge, les Cross Trainer, etc… Mais pas de Jordan (sans doute que dans ma campagne, la culture c’était le foot et le tennis – d’ailleurs on appelait ça des tennis, pas des baskets – pas le basket). Mais par contre, y avait les Pump !! Et celle là, elle faisait rêver !!
    Mes préférées, sans doute les OZ2, les Court Victory et les AXT Mid, parce que les paires de Pump les plus simples à porter. Twillight Zone et Bringback, j’en ai aussi. Des super paires, mais disons que c’est moins simple à porter… Je rêve d’une rétro des SXT… Rêve qui ne se réalisera probablement jamais…

  7. Fred,

    Le hasard fait que, pas plus tard qu’hier, ayant vu passer l’annonce de la réédition de la AJ7 Charcoal (désolé, à l’époque, en 1992, les Toronto Raptors n’existaient pas encore – #jesuisvieuxconooby ^^) pour le printemps de l’an prochain, j’ai dit à ma femme :
    – Et merde ! encore une…
    Elle a fulminé grave : « Ah, non ! Pas encore ta maudite Jordan 7 fabriquée par des femmes et des enfants d’asie exploités ! Il t’en reste toujours six paires dans le placard. Et notre budget voyage à l’étranger, hein ? Tu m’avais promis ! » (Mais c’est pour boucler la boucle : sept paires d’AJ7)

    Plus sérieusement, quand je suis entré dans mon collège rural, en 1991, il y avait un 4ème qui portait les AJ6 Black Infrared. Il était le seul ado dans toute la ville (20 000 hab.) à les posséder.
    L’année suivante, il avait les AJ7 Charcoal (idem, le seul).
    C’est seulement à partir de la AJ8, en 93, dans les coloris Aqua ou Bugs Bunny, qu’on a commencé à en voir une dizaine de paires aux pieds et éparpillées un peu partout dans la ville…

    Je n’ai eu ma première AJ qu’en 2002, la 9 OG. Puis ma première 7 (ma sneaker préférée all-time) seulement en 2004 et c’était l’Olympic. Je les topais tranquille avec les salaires de mon premier CDI.
    Jusque-là, je n’avais eu que des Nike Air Force (ah ! la Ballistic de David Robinson #Snif!), Flight, Max, et des Reebok Hexalite et Pump. Ma famille trouvant indécent de plaquer quatre chiffres sur le prix de vente d’une basket…

    Là où je vivais, on disait déjà « baskets ». C’était les beaufs ringards des 70’s et 80’s qui nommaient ça « tennis ». Et on jouait beaucoup au Basket-Ball parce que Michael et tous ses incroyables rivaux, la Dream Team, la NBA, le CSP Limoges et Pau-Orthez nous faisaient rêver du matin au soir.

    Encore une belle tripotée de modèles que tu évoques là… La Nike Air Tech Challenge Huarache d’André Agassi fut la toute première sneaker de ma vie, à l’âge de 11 ans. Je l’avais poncée jusqu’à la corde et que mon pied encore en croissance ne puisse plus rentrer dedans.
    Par contre, Asics Gel (ou Puma Disc, ou toutes les New Balance aussi) : ça n’a jamais été mon kiff. Je trouvais ça déjà moche… En Torsion, j’ai eu une Artillery blanche et rouge soldée deux ans après sa sortie dans un…Décathlon. Rien que cette barre jaune et ces deux encoches à la semelle me fascinaient quand je les voyais aux pieds des autres, dans la cour, la rue ou au sport.

    A l’époque, on voulait tout tester tout le temps. Perso, dès que ça avait un swooch, un chevron star, trois bandes ou un delta : ça me faisait toujours rêver et j’étais avide d’en choper le plus possible… 😉
    (Et je me suis bien rattrapé une fois mon pouvoir d’achat de gros capitaliste bien dopé ! ^^)

    @+

    Pierrito

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