Tu sais quand un truc arrive trop tôt et que tout le monde passe à côté. L’histoire de la adidas Megaride, c’est exactement ça. J’te donne une image, celle d’un type qui s’est pointé en avance, personne ne lui a ouvert la porte, il est reparti vexé… avant de revenir vingt ans plus tard en mode “vous me reconnaissez maintenant ?”.
La Megaride, c’est la running que personne n’avait demandé, mais que certains finissent par regarder avec des étoiles dans les yeux. Début des années 2000, adidas la lâche dans l’arène avec une idée simple : montrer les muscles face aux Nike Shox. À l’époque, la marque au Swoosh balance ses colonnes apparentes comme un gosse qui exhibe son nouveau jouet. Le Trefoil répond avec le Bounce et une silhouette qui ressemble à un vaisseau spatial bricolé dans un garage trop ambitieux.
Un design venu du futur (trop tôt)
La semelle, c’est un délire total. Des tunnels ouverts sur toute la longueur, du plastique translucide, des reflets métalliques qui accrochent la lumière comme une boule à facettes. Tu poses ça par terre, on dirait un prototype échappé d’un film de science-fiction fauché mais sincère. Le Bounce promet amorti et retour d’énergie. À l’avant, les rainures de flexion font plier la chaussure comme il faut. La partie supérieure mélange du mesh aéré et mudguard qui nargue celui de la Air Max 1. Du Y2K brut de décoffrage. Le coloris OG Black/Silver enfonce le clou : agressif, futuriste, presque trop. À l’époque, ça voulait impressionner. Aujourd’hui, c’est une capsule temporelle.
Du sérieux sous le capot
Surtout, la adidas Megaride n’est pas là pour faire joli. C’est une véritable chaussure de course pour les longues distances, avec un amorti généreux ainsi qu’une stabilité rassurante. Les marathoniens l’adoptent sans discuter. Sur 42 kilomètres, elle encaisse comme un vieux diesel increvable. Mais pour le grand public, c’est une autre histoire. Trop bizarre cette espèce d’ovni. Les gens veulent du rassurant. Pas un vaisseau spatial aux pieds.
Une disparition sans explication
Et puis, elle disparaît. Entre 2004 et 2010, blackout total. adidas change de stratégie, la course à la technologie avançant à toute vitesse. En 2013, le Boost débarque et écrase tout sur son passage. La Ultraboost devient la coqueluche universelle. Le Bounce prend un coup de vieux instantané. La Megaride est rangée dans un tiroir, étiqueté “archives”. La pauvre rivale des Shox a le défaut d’être trop pointue pour la vitrine.
La vague Boost a tout balayé comme une tempête sur une plage mal préparée. Mais certains n’oublient pas. Quelques puristes gardent leurs paires OG, soigneusement stockées. Les tunnels brillent encore, même au fond des placards. La Megaride devient un modèle de niche.
Le monde finit par être prêt
Puis arrive 2024. adidas ressort la Megaride, version OG Black/Silver, comme un clin d’œil appuyé. Et là, miracle : le monde est enfin prêt. Le revival Y2K explose, les running chunky redeviennent cools, et ce modèle que personne n’attendait trouve soudain sa place.
Les sneakerheads pigent tout de suite. Ce n’est pas un vieux recyclage fait à l’arrache. adidas ne s’arrête pas là et pousse le délire plus loin : la adiFOM Megaride blindée de mousse, la Predator Megaride mi-running mi-crampons, la Mary Jane revisitée par Taqwa Bint Ali. Et à chaque fois, même constat : le design tient encore debout. Pas parce que c’est vintage. Parce que ça a du sens.
Le moment où tout bascule
Et puis arrive le moment où tout part en vrille à la Paris Fashion Week du mois de juin 2025. Willy Chavarria envoie la adidas Megaride AG sur son runway SS26 en 3 versions. Une “normale”, une XL complètement démesurée, et une avec une coque TPU tout droit sortie d’un cauchemar cyberpunk. James Harden débarque avec. Internet fait ce qu’Internet sait faire de mieux : il s’emballe. Le running du début des années 2000 passe du placard à la lumière.
Et maintenant, la revanche ?
Vingt ans pour fermer la boucle. La adidas Megaride rappelle un truc simple : aucun modèle n’est vraiment mort. Certains attendent juste que leur époque les rattrape. En 2004, elle semblait venir de Star Trek. Aujourd’hui, elle est dans l’air du temps. Et honnêtement, voir ce retour-là, ça fait sourire.
adidas adifoam Megaride via @schrittmacher
adidas Megaride F50 via @oka_sneakers
Slam Jam x adidas F50 Tunit Megaride via @mukki6213
adidas Megaride Mary Jane Taqwa Bint Ali
adidas Megaride S2 via @lemkus
Willy Chavarria x adidas Megaride AG via @ad__sneaks







