La sneaker que tu portes aujourd’hui sous le nom d’Air Max 90 n’a pas toujours porté ce nom. C’est un peu comme si tu t’appelais Pierre toute ta vie, et qu’un jour ta mère t’annonce tranquillement que ton vrai prénom, c’est Patrick. La confusion s’installe très rapidement. Alors, existe t-il des différences entre la Air Max 90 et la Air Max 3 ? Bon, je vais détricoter tout ça afin d’éclaircir la situation.
L’essentiel à retenir :
- La Air Max 90 s’appelait Air Max 3 à sa sortie en 1990, troisième modèle après les Air Max 1 et Air Max Light.
- Nike a ressuscité le nom original en 2020 pour les 30 ans du modèle.
- La version Air Max III embarque des matériaux supérieurs et un shape plus fidèle à l’original de 1990.
- Dix euros séparent la Air Max III (160€) de la Air Max 90 classique (150€), l’écart de statut lui, est autrement plus grand.
- Le nom Air Max III restera une exception premium : le banaliser tuerait précisément ce qui le rend désirable.
En 1990, quand Nike la sort, elle s’appelle Air Max 3, troisième volet d’une saga qui démarre avec la Air Max 1 en 1987 et continue avec la Air Max Light en 1989. La logique est limpide, presque enfantine. Puis la firme de Beaveron décide de coller l’année de sortie sur la boîte, et voilà, la Air Max 90 écrase la mémoire de la Air Max 3 comme si cette dernière n’avait jamais existé. Trente ans plus tard, en 2020, Nike ressort le nom original pour l’anniversaire du modèle. Crois-moi, c’est tout sauf un accident.
Air Max III : le retour aux sources avec une version plus sérieuse
La collection anniversaire de 2020 ne se contente pas de coller un « 30 ans » sur une boîte rouge et grise avec des rayures. Nike remet sur la table les coloris d’époque : la Radiant Red, le vrai nom du rouge avant qu’il ne devienne Infrared en 2003, la Laser Blue, et des exclusivités féminines comme les Eggplant ou Concord. Mais surtout, Nike reconstruit la paire de façon plus rigoureuse : le shape colle davantage à l’original, les matériaux grimpent en qualité. Le mesh blanc, aussi est plus conforme. J’allais oublié ce détail fondamental. On parle d’une autre chaussure que la Air Max 90 classique que tu trouves en boutique. Dix euros d’écart au prix, 160€ contre 150€, ça paraît ridicule en théorie. Sauf que la différence de statut est autrement plus grande.
Le nom comme signal d’authenticité
Voilà ce qu’il faut comprendre : pour un sneakerhead, lire « Air Max III » sur une boîte, ça provoque un électrochoc. Nike laisse tomber le « rétro », le « OG colorway » et le « Air Max 90 vintage », elle revendique Air Max III. Ce seul mot fait toute la différence. C’est le retour au nom de naissance. Dans une culture où l’authenticité est traitée comme une religion, ce genre de détail pèse son poids en or. Nike le sait très bien. Inscrire Air Max 3 sur la boîte, c’est s’adresser directement à ceux qui maîtrisent le sujet, ceux qui ont fait le chemin. Les autres voient une sneaker. Les initiés voient une déclaration. En 2026, avec le Wave Pack composé des Air Max III Cool Grey Laser Blue et Photon Dust, la firme de Beavrton remet cette même carte sur la table.
Mais ne te fais pas d’illusions non plus. Nike ne va pas renommer toute sa production Air Max 90 en Air Max III, ce serait se tirer une balle dans le pied d’un point de vue commercial. La AM90 est une machine à vendre, un nom que trente ans de marketing ont gravé dans le marbre. La Air Max III, elle, fonctionne précisément parce qu’elle reste l’exception. Le jour où elle devient la règle, elle perdra ce qui la rend intéressante. C’est le paradoxe classique du premium : dès que tout le monde y accède, plus personne n’en veut. Nike joue ce jeu depuis des années, cela n’est pas près de s’arrêter.
Nike Air Max 3 Cool Grey Infrared 23 via @j.b_sneakertown
Nike Air Max III Photon Dust Wave Pack 2026 via @lvnsnkrs
Photo de la couverture : @cozonejonas
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