Edito : une sneaker à succès mérite-t-elle toujours une suite ?

J’ai vu ce modèle en boutique la semaine dernière. Mon premier réflexe ? Un sourire gêné. Tu sais, celui qu’on fait quand un pote sort une vanne qui tombe à plat. Cette marque venait de commettre l’irréparable : transformer leur hit de l’année précédente en caricature. Personne ne l’a demandée. Personne ne la veut. Mais elle existe. C’est ça, le piège. Une sneaker à succès mérite-t-elle toujours une suite ? Après le hit, tu peux avoir le vide.
Les marques pensent tenir une formule magique. Un modèle cartonne ? Tu le décline. Tu ajoutes « 2.0 » et hop, le tour est joué. Sauf que les sneakers, ce n’est pas du Coca-Cola. On ne remplace pas une icône par sa version « Cherry ». La Asics Gel NYC fonctionnait précisément parce qu’elle avait l’air d’exister depuis un bail. Son charme vintage, ses proportions Y2K, son équilibre parfait entre futurisme et rétro. La Asics Gel NYC 2055 a tout explosé malgré ses qualités. Son défaut ? Il lui manque une étincelle, ce petit truc en plus capable d’embraser le sneaker game. A cela s’ajoute son incapacité à subir la comparaison avec sa prédécesseure. Pire, la Asics Gel NYC 2.0 qui arrive juste après. Même erreur, autre direction.
Nike et Jordan Brand se plantent régulièrement. La Air Jordan 2 ? Michael Jordan la détestait. Trop lourde ou trop luxe, qu’importe. Un flop qui a failli tuer la franchise. Il a fallu Tinker Hatfield et la Jordan 3 pour sauver les meubles.
Pareil pour les Air Max. On glorifie la 1, la 90, la 95. Mais qui porte encore des Air Max 2021 ? Personne. Ces modèles sont morts au bout de deux saisons. Pourtant Nike a sorti 38 versions différentes de sa Air Max depuis 1987. Même pas la moitié a survécu dans l’imaginaire collectif. La vérité ? Faire une suite, c’est marcher sur un fil.
Le cimetière des sneakers mal réinterprétées ne manque pas d’occupants : Nike Cortez Flyknit, Puma RS 2K, New Balance 237, adidas NMD R1 V2…. J’ai pris Asics comme exemple mais le mal touche toutes les marques. Chacune à des cadavres dans son placard.
La Gel NYC n’avait aucun défaut à corriger. Elle marchait telle quelle. Mais la pression de l’industrie a pris le dessus. Il fallait capitaliser. Rentabiliser le moule. Produire du neuf avec du vieux. Résultat ? Deux suites mortes-nées qui ont sali l’originale. Les gens qui portaient la NYC avec fierté se sentent maintenant dans une tendance cheap. C’est violent pour un modèle qui avait tout pour durer.
Le problème, c’est la confusion entre la série et le spam.
Une série construit un concept, une idée forte. Le spam cherche juste à remplir les rayons. Jordan et Air Max sont des séries. Mais parsemées d’échecs qu’on préfère oublier. Les Gel NYC 2.0 et 2055 sont du spam. La différence ? Le respect du modèle de base et la nécessité de la suite.
Les sneakerheads ne sont pas dupes. On sent l’opportunisme à dix mètres.

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Image générée avec l’aide de l’intelligence artificielle

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