Nike organise une fête en l’honneur de ses propres sneakers à la bulle d’air depuis 2014 : le Air Max Day. Douze ans qu’on se retrouve le 26 mars à rafraîchir SNKRS en espérant que cette année, ça va valoir le déplacement. Quel bilan peut on faire de l’édition 2026 ? Je vais dire qu’elle vaut le détour même s’il n’y a rien qui ne me fait sauter au plafond.
Ce qu’il faut retenir :
- La Air Liquid Max change la donne… sur le papier. Nike lâche une grosse innovation qui rappelle celle de la Vapormax. Sa technologie « point-loaded » cible uniquement les zones d’appui réel de ton pied.
- La Air Max 95 écrase tout. La silhouette de Sergio Lozano truste le lineup de bout en bout. Le concept « big bubble » remet le gros coussin d’origine à sa place. La Air Max 90 Infrared 3M, elle, va diviser : réinterprétation courageuse ou trahison du mesh blanc original ? Tranche toi-même.
- Les collaborations sauvent la mise… et posent une vraie question. Patta, Ducks of a Feather, Zellerfeld, ce sont les partenaires qui portent l’âme créative du AMD 2026. Quand des marques externes surpassent Nike sur son propre terrain, retiens-le : c’est soit un signe de maturité, soit l’aveu que l’étincelle s’est déplacée ailleurs.
Nike Air Liquid Max : la surprise que personne n’a vue arriver
Avant de te parler de la pièce maîtresse, il faut poser le contexte. Depuis la Vapormax en 2017, Nike cherche la prochaine révolution Air. Et entre nous, le bilan des tentatives récentes est… douloureux. La Air Max Scorpion a fait un flop monumental avec sa bulle un trop exagérée. La Air Max Dn a bien marché sans avoir le succès d’une Air Max 270. La Air Max Dn8, une mise à jour des Air Max 96, a fait fuir les gens avec ses billes. Nike avait un vrai problème de crédibilité sur l’innovation.
La Nike Air Max Liquid ne m’a pas impressionné au départ. J’espère que je ne suis pas entrain de devenir un vieux aigri de la sneaker… Après réflexion, je me dis que cette nouveauté du Air Max Day 2026 a du charme avec ses bulles qui ont l’air fondues et sa tige en trois couches de mesh inspirée de la grenouille à dards empoisonnés. Certains la perçoivent comme une sneaker futuriste, moi non. Elle regarde autant vers le passé (elle a pas un petit air d’Air Max 2014 ?) que vers l’avenir. L’amorti « point-loaded » place les coussins d’air uniquement là où ton pied appuie vraiment, supprimant le reste. Moins de matière, plus de ciblage. Dans les faits, on attendra les premiers retours terrain pour confirmer.
Les rétros : la Air Max 95 mène le bal
Maintenant, parlons de l’éléphant dans la pièce. Ou plutôt, de la Air Max 95 dans chaque recoin du lineup. Pink Foam, Bandana, Greedy, Ducks of a Feather, la silhouette de Sergio Lozano est partout. Et c’est à double tranchant.
D’un côté, le concept « big bubble » est une vraie bonne idée. Remettre le gros coussin d’origine sur la AM95, c’est comme retrouver la recette d’un plat qu’on aimait avant que le chef le « modernise » avec trop de sophistication. La nostalgie des années 90, ça marche, et la communauté répond présente. De l’autre côté, la Air Max 90 Infrared m’a légèrement déçu. Remplacer le mesh blanc iconique celui que Tinker Hatfield avait choisi en 1990 pour une raison par du cuir réfléchissant 3M, c’est un choix courageux ou imprudent. Les puristes sont en colère mais certains fans y voient une évolution cohérente. Moi, je suis quelque part au milieu. Si je bossais chez Beaverton, j’aurais sorti une bonne vieille Air Max III OG Radiant Red avec à côté la version réfléchissante pour ceux qui aiment les réinterprétations.
Nike Air Max 95 Bandana Paisley @solebox
Nike Air Max 90 Infrared 3M via Atmos Tokyo
Les collaborations : là où Nike a vraiment gagné son pari
C’est là que le Air Max Day 2026 se distingue vraiment des éditions précédentes. Les collaborations sont d’un bon niveau. Patta revient avec son ses Air Max 1 Waves dans un coloris White /Hyper Crimson élégant (ou trop sobre selon les goûts). La marque amsterdamoise ne fait jamais de fautes de goût, c’est presque agaçant. Zellerfeld re-propose sa Air Max 1000 imprimée en 3D et les Ducks of a Feather signent leur retour avec les Air Max 95 DOAF . Ce qui est probablement une des collaborations les plus créatives de l’année. Des sneakers qui racontent l’Oregon, ses forêts. Avec comme cerise sur le gâteau, son histoire sportive universitaire. À 250€ sur GOAT, c’est cher. Mais c’est justifié.
Quand les partenaires de Nike surpassent Nike en termes d’intention créative, ça dit quelque chose sur l’état de la marque. Et pas forcément quelque chose d’inquiétant, plutôt une nouvelle façon de faire le Air Max Day, en délégant une partie de l’âme à des créateurs externes.
Patta x Nike Air Max 1 White Hyper Crimson 2026 via @styles_p_84
Nike Air Max 95 Ducks Of A Feather Oregon Ducks Woods et Lumber Yard via DISTRICT ONE NY
Bilan : le meilleur Air Max Day depuis longtemps ?
En zoomant arrière, le AMD 2026 est objectivement plus solide que celui 2024 et 2025 : une nouvelle Air Max réussie, un hommage aux retros géré avec soin et des collaborations qui élèvent le niveau global. Nike a tenu sa promesse, au moins sur la forme.
Mais voilà la question qui me reste en tête : est-ce que Nike innove vraiment, ou est-ce qu’il a juste appris à mieux recycler ? La Air Liquid Max est prometteuse. Les rééditions sont bankables. Les collabs compensent les silences créatifs. C’est une stratégie cohérente et peut-être même brillante. Ou peut-être que dans dix ans, on regardera cette période comme celle où Nike a arrêté d’inventer et a commencé à gérer un patrimoine.
Le meilleur Air Max Day depuis longtemps, oui. Et pourtant, j’ai encore l’impression qu’on attend quelque chose. Je ne retrouve pas la même énergie des débuts. J’ai le sentiment que le meilleur est derrière nous. Pour moi, la Air Max Zero représente l’apogée du Air Max Day. Le prototype retrouvé, le design de Tinker Hatfield sorti du tiroir après 29 ans de silence… En matière de storytelling et de design, tu peux difficilement faire mieux. La Air Max 1/97 Sean Wotherspoon avait carrément mis le feu à internet avant même d’exister en boutique. Un colorway sorti d’un vote communautaire, des milliers de personnes qui campaient devant des shops pour une paire à 150€. C’était du désordre organisé, celle qui naît de quelque chose d’authentique.
Aujourd’hui, le Air Max Day est mieux packagé. Paradoxalement, c’est peut-être ça le problème. Il est peut être trop maîtrisé. La magie de l’époque, c’était justement l’impression que Nike prenait des risques, que quelque chose pouvait foirer ou surprendre. Maintenant on a des lineups calibrés et des drops millimétrés. C’est sans doute davantage rassurant et professionnel. Mais c’est aussi un peu triste, la magie des débuts ayant disparu.
@manorphx









