La adidas Adistar Jellyfish serait-elle aussi populaire si tout le monde pouvait l’acheter ?

C’est quand même dingue : on passe notre temps à râler parce qu’une sneaker est introuvable, mais dès qu’elle devient accessible, on lui trouve moins d’intérêt. Avec la adidas Adistar Jellyfish, j’ai l’impression qu’on tient un sacré cas d’école. Pharrell Williams nous a pondu une basket qui ressemble à une fusion entre une méduse, une Yeezy et une chunky sneaker. Avec ses proportions phénoménales et son prix de 300 balles, elle ne fait rien comme les autres. Pourtant, je me pose une question : si adidas en produisait suffisamment pour que tout le monde puisse l’acheter tranquillement, sans tirage au sort ni gymnastique sur CONFIRMED, est-ce qu’on en parlerait autant ?

L’essentiel :

  • La rareté attise les convoitises : les premiers lancements limités de la adidas Adistar Jellyfish ont alimenté la hype.
  • La Triple White bouscule les certitudes : avec ce coloris plus accessible, certains sneakerheads semblent moins emballés.
  • Un design qui mérite mieux que la spéculation : la Jellyfish possède une vraie tronche, ce serait dommage de réduire son intérêt à sa valeur de revente.

La rareté rend-elle la adidas Jellyfish plus désirable ?

Tu connais la chanson. Une marque annonce une collaboration en édition limitée, les réseaux sociaux s’emballent. Puis soudain, une chaussure que personne n’attendait devient indispensable. Tu n’as même pas encore décidé si elle te plaît que tu stresses déjà à l’idée de la rater. C’est fou comme la peur de passer à côté d’une sortie peut nous faire perdre le nord.

Avec la adidas Adistar Jellyfish, ce mécanisme prend tout son sens. Ses premiers lancements limités ont alimenté la hype autour de Pharrell Williams, tandis que le marché de la revente ajoutait son grain de sel. Forcément, lorsqu’une paire devient difficile à obtenir, certains commencent à la regarder autrement (la prochaine boule aux oeufs d’or ?). Je ne vais pas jouer les donneurs de leçons, car la culture sneaker fonctionne aussi grâce à cette petite montée d’adrénaline. Mais entre apprécier une chaussure et vouloir absolument posséder celle que les autres n’ont pas, il y a parfois un monde.

A partir de ce point, je commence à tiquer. Est-ce qu’on kiffe la Jellyfish parce que son design déchire, ou parce qu’elle nous donne l’impression d’appartenir à un club fermé ?

La Triple White, ou quand la hype commence à prendre l’eau

L’histoire devient encore plus amusante avec la adidas Jellyfish Triple White. Dans une discussion sur un célèbre réseau social consacré au modèle, plusieurs passionnés s’interrogent sur l’accueil réservé à ce coloris plus accessible. Certains évoquent même une baisse d’intérêt sur le marché secondaire, sans que leurs impressions suffisent à établir une tendance générale. La situation prête à sourire. Pendant des mois, on réclame des sneakers moins difficiles à acheter, puis on commence à faire la fine bouche lorsqu’une paire devient disponible. C’est un peu comme se plaindre qu’un restaurant affiche complet avant de le bouder le jour où une table se libère. Cette histoire soulève une question qui me travaille : une sneaker perd-elle vraiment de sa valeur lorsqu’elle cesse d’être exclusive ?

Un design assez fort pour survivre à la hype ?

Je trouverais quand même injuste de réduire la Jellyfish à une simple machine à fabriquer du désir. Pharrell Williams a repris l’héritage running de la adidas Adistar Cushion 3 pour en tirer une silhouette complètement déjantée. Entre ses volumes démesurés et ses formes inspirées des fonds marins, la chaussure semble tout droit sortie d’un aquarium. C’est justement pour ça que je pense que la Jellyfish pourrait survivre à une distribution un peu plus importante (sans produire un coloris à 100000 exemplaires quand même). Elle perdrait sans doute une partie de son pouvoir d’attraction auprès des chasseurs d’exclusivités, mais son design ne disparaîtrait pas pour autant. Au fond, je préfère voir une sneaker originale aux pieds de milliers de passionnés plutôt qu’une paire qui dort dans un placard en attendant une hypothétique plus-value. À croire que certains préfèrent posséder une paire que personne n’a plutôt qu’une paire qu’ils aiment vraiment.

Photo : @steviekettle

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