L’édito

L’édito – A quand un marché unique de la sneaker en Europe ?

Beaucoup de journalistes  critiquent le niveau du championnat français de football. Le jeu qui est pratiqué est globalement assez affligeant.  La France est loin derrière l’Espagne, l’Italie et  l’Angleterre.  Mis à part le fait que je kiffe le foot, quel est le rapport ?  La France n’est pas uniquement à la ramasse  dans le foot mais également dans le domaine de la sneaker. J’avais eu l’occasion d’aborder en partie ce sujet dans l’édito, « Quel avenir pour les boutiques françaises ? « .  Le constat est assez alarmant. La France est loin derrière les USA, le Japon, l’Angleterre (l’Allemagne et les Pays-Bas ? ). Certains diront que ces marchés sont beaucoup plus vastes. Je vous l’accorde. L’engouement pour les sneakers y est plus fort. Avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros en 2008, la France est le premier marché européen en matière de sneakers.  Paradoxalement, l’offre est pauvre, il y a peu d’exclusivités et de collaborations. Pour ses 10 ans, Size? a enchaîné pas moins de 21 collaborations (rien que pour les baskets) avec les marques (Nike Blazer, Nike Air 180, Adidas Birmingham, Dublin, Manchester….).  A elle seule,  Size? a eu en une année plus de collaborations que l’ensemble des boutiques de sneakers françaises en 2 ou 3 ans !  C’est tout simplement du jamais vu.  Pour son anniversaire, Patta a sorti pas moins de quatre modèles Air Max 1 (87) dont deux vendus en exclusivité aux Pays Bas. Mise à par la New Balance 1500 x Colette x Lamjc a-t-on eu droit à une collaboration digne de ce nom en 2010 ? non.

Ma première question est donc, que font les boutiques françaises ?

Si je regarde les autres marchés, l’offre française est mollassonne. Il existe très peu de jeunes marques  françaises dynamiques. Au Japon, il y a Visvim, Bape, Rythm, Terrem, Mad Foot etc… Aux Etats Unis, vous avez Supra, Huf, Gourmet etc…. Pouvez me donner le nom d’une jeune marque française mise à part Faguo et Feiyue ? On est pas un peu léger, non ?

On a déjà un élément de réponse.  Les grosses marques comme Adidas, Reebok et Nike, se reposent sur leur laurier (en France) parce qu’il n’y a personne pour les titiller.

Une deuxième question me vient à l’esprit : Avons nous en France des artistes (comme Michael Lau, Kaws, Stash) et des designers (ex : Ronnie Fieg, Kazuki, Nigo) avec une dimension internationale ?  Non. Je parlais plus haut de football. Comment voulez-vous jouer dans la cour des grands, avec un effectif de D2 voire de Nationale ?  La France souffre d’un manque de crédibilité. C’est bien pourquoi les marques ont si peu de considération pour notre marché.

Une petite idée me vient à l’esprit. Pourquoi les marques ne considèrent- t-elles pas l’Europe comme un marché unique ?  Pour certains, cette idée est une belle utopie. Oui mais on a bien une monnaie unique, des organismes européens etc…. Certains diront  « les goûts et les couleurs ne sont pas les mêmes partout ».  Je pense que tout le monde y trouvera son compte .  La demande existe. Pourquoi des gens font des hook up ? Pourquoi des gars vont faire des camp out aux Pays Bas ?  Bref, les marques gagneraient beaucoup à considérer l’Europe comme un marché. Voilà, je vous laisse.  A la semaine prochaine pour aun nouvel édito.

Qu’est qu’un sneakers addict ? entre délires, fantasmes et réalité

Difficile de répondre à cette question.  Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est très facile de tomber dans la caricature. Chacun vit sa passion pour la sneaker différemment. Pour cet édito,   je me suis amusé à faire plusieurs portraits de sneakers addict en tenant compte de mon expérience et de mes rencontres….  Je pense que chacun peut se reconnaître dans au moins l’un des points.  Bonne lecture.

Qu’est ce qu’un sneakers addict ?

1- Un grand frustré qui n’avait pas les moyens de de s’acheter des baskets durant sa jeunesse. Maintenant, il rattrape le temps perdu. Pire encore, ses parents ne voulaient pas lui acheter de la marque. Il allait à l’école avec des Atémi ou des imitations Adidas (les fameuses « deux bandes »). Il s’est fait chambrer comme pas possible. Il s’est juré de ne plus jamais revivre cette situation.

2- Un gamin qui refuse de grandir. Victime du syndrome de Peter Pan, il accumule les baskets comme un gamin avec des jouets.

3- Un vrai frimeur, un excentrique.  Quand il marche avec sa paire de Air Max 90 Amsterdam, il se la raconte. Les lacets sont même assortis à la couleur de l’écharpe.  Il recherche tellement l’exclusivité qu’il est dégoûté quand il voit quelqu’un marcher avec la même paire que lui. Il ne faut surtout pas marcher sur ses baskets….

4-Un nihiliste , un nihiliste de la basket. Il ne pense qu’à ça. Il accumule des montagnes de sneakers sans se soucier d’autres choses. Le sneakers addict peut avoir les poches vides, manger que des chips ou une barre de Mars à midi, mais il aura toujours sa paire de baskets.

5- Un acheteur compulsif, un épicurien.  Quand son téléphone sonne,  il panique. C’est probablement le banquier.  Il ne peut pas se s’empêcher d’acheter une jolie paire de baskets.

6- Un éternel incompris. Les membres de son entourage ne comprennent pas sa passion pour les sneakers.

7- Un gros malin. Il redouble de créativité pour cacher à sa femmes, sa mère la nouvelle paire qu’il vient d’acheter. Le sneakers addict redoute le fameux « encore une nouvelle paire !!! ».

8- Un âne (d’où mon expression sneakers âne-dict). Il ne réfléchit pas. Il réagit comme un mouton quand une paire sort en magasin. Comme on dit dans le jargon, c’est un bon client.

L’édito – vendre de la drogue pour s’acheter des baskets…

Le psychologue Abraham Maslow a essayé de réaliser une échelle des besoins humains à l’aide d’une pyramide. Il a mis en évidence 5 besoins majeurs :

1- Les besoins physiologiques

2. Les besoins de sécurité

3. Le besoin d’appartenance

4. Le besoin d’estime

5. Le besoin de s’accomplir

La sneaker peut combler les besoins d’estime (estime de soi ou encore le fait d’être reconnu par les gens) et d’appartenance (à une communauté, en l’occurrence celle des fans de sneakers ou des sneakers addict), en fonction du milieu dans lequel vous vous situez…..  Un objet peut devenir une chose importante selon  la valeur émotionnelle qu’il possède. C’est abstrait ? Oui, mais je suis obligé de passer par là pour que vous puissiez comprendre la suite.

Dans l’univers où j’ai grandi, la basket de marque est un signe de reconnaissance.  Cela peut paraître absurde aux yeux de certains mais chaque communauté a son propre langage, ses propres valeurs et donc ses normes etc…  Je me souviens de mes années aux collèges.  Impossible de venir en cours sans une basket de marque.  Ne pas avoir une paire de Nike ou d’Adidas était le meilleur moyen d’être la risée de l’école. Bref, des vannes bien cruelles en cascade ! Donc, en portant une petite paire d’ Air Max ou de Stan Smith, on recherchait une seule chose : Exister !  Notre existence passait par la reconnaissance des gens !

L’année dernière j’ai croisé un ami d’enfance sur Paris. A ma grande surprise, il kiffe les baskets lui aussi. Franchement, c’est gars plutôt cool mais…. « Je vends de la drogue pour acheter des baskets ».  Voilà ce qu’il m’a dit…. Le choque….

Bien entendu, je ne cautionne en aucun cas son activité. Quand on attend ce genre de parole, on est aussi sonné qu’après un uppercut de Mohammed Ali ou Mike Tyson. Comment peut-on en arriver là ?  Ce n’est pas un cas isolé. En discutant avec quelqu’un j’ai appris que des gens ont commencé à devenir des dealers quand les marques ont augmenté les prix des baskets…..

Descartes disait « je pense donc je suis« . Aujourd’hui, nous devrions dire « j’ai donc je suis« . Cette quête effrénée à la reconnaissance peut nous amener très loin. L’important, c’est d’exister peu importe les moyens.  Certains diront « oui mais si tu n’as pas les moyens, tu t’en passes ». Ma mère me disait exactement la même chose lorsque j’étais enfant. Je dois dire que j’applique ce conseil jusqu’à aujourd’hui.  Malheureusement, on ne réagit pas tous de la même façon face à la pression de l’environnement. Une étude de l’Insee de 2003, analyse la perception et les conséquences des comportements intolérants. Les résultats sont plus qu’intéressants. Un tiers des personnes interrogées, ont cité au moins un motif pour lequel elles estiment avoir subi des moqueries, été mise à l’écart, traitée injustement, soit près de 15 millions de personnes parmi les plus de 18 ans.  Les moqueries et les insultes constituent la majorité des faits rapportés (57%).  La mise à l’écart a été citée par près de 16% des sondés.  Parmi les personnes qui ont été confrontés à des comportements intolérants , 39% considèrent qu’au moins l’un d’entre eux à eu des conséquences sur leur vie.   Cette étude donne un premier élément de réponse.  La théorie de jeux en donne un second.  La morale n’existe pas. L’individu choisit la solution qui lui apporte le plus d’utilité c’est à dire de satisfaction :

1- Vendre des produits stupéfiants et s’acheter des baskets = argent facile,  forte estime de soi, reconnaissance…..

2- Ne pas vendre des produits stupéfiants et donc ne pas acheter de baskets = mauvaise estime de soi, risque d’exclusion, repli sur soi….

Il va choisir malheureusement la première solution. Quand on étudiait la macro-économique, ma prof disait qu’il fallait mettre la morale de côté pour comprendre le comportement des acteurs….. Ça donne froid dans le dos. Bien sûr, je me répète en disant, que je condamne fermement le trafic de stupéfiants (il faut le dire et insister dessus pour éviter les malentendus).

Chacun à sa part de responsabilité dans cette  déviance :

– Les marques qui suscitent l’envie, la frustration, le désir à tel point qu’une personne va se comporter comme un drogué. Il ne pourra plus se passer d’une marque à laquelle il est fortement attaché.  Cette stratégie de séduction peut avoir de graves conséquences sur certaines personnes.

– Moi, vous, nous : le regard et le jugement  que nous portons sur autrui. J ‘ai un pote qui a balancé une vanne (assez misogyne) qui cible quelques  femmes   : « Tiens, ce gars est parfaitement assorti à mon sac ».  Bref, on donne de l’importance à un individu, on entretient des rapports avec lui  en fonction de sa tenue vestimentaire.

Je crois que je vous ai retourné le cerveau avec l’édito de cette semaine….

L’édito-Les dérives de la politique de l’édition limitée menée par les marques

  Cet édito ne va pas plaire aux marques mais ce n’est pas grave.  D’ailleurs, si elles sont à l’écoute des fans de sneakers, elles pourront y trouver des points de réflexions intéressants…

 Franchement, je suis de plus en plus blasé par la politique des éditions limitées telle qu’elle se pratique dans l’univers de la sneaker. Pourquoi ? J’ai l’impression d’être instrumentalisé.  Je m’explique.  D’abord, les marques vont commencer par nous aguicher en balançant un teaser sur le net ! Ma réaction : « c’est quoi ce modèle de ouf » « il déchire, il pète le feu » etc…  Je vais sur  différents forums. J’essaye d’avoir des infos comme « la paire, elle sera dispo où, quand et à quel prix ». Je n’hésite pas à m’embrouiller (et pourtant ce n’est qu’une paire de baskets) avec les gars qui disent que la paire est naze… Dominé par mes émotions, je deviens un véritable ambassadeur de la marque.  Les semaines passent. Enfin, je sais que le modèle va être vendu chez Colette mais….  seulement à 20 exemplaires pour toute la France.  Je me dis que je vais venir tôt le matin. J’arrive devant chez Colette et c’est la stupeur. Des gars ont fait un camp out (et donc une liste…). Au final, après des semaines d’attente, la paire sera passée devant moi comme une étoile filante. Et pourtant, j’ai contribué au buzz !  Ah oui, il reste encore une chance de l’avoir : e bay !  Le fameux resell. J’allais oublier de le dire. Des gars font des camp out uniquement dans l’objectif de pouvoir revendre des baskets.  C’est un gros business.  

 e bay est le passage  obligé des sneakers addict qui n’ont pas réussi à obtenir le paire de leur rêve ! Problème : la sneaker a été mise en vente à 500 dollars !  C’est fini. A ce prix là, je ne pourrais jamais me l’acheter.

 Je crois que nous sommes plusieurs à avoir vécu  cette situation. Il en découle une forte frustration. Et oui, les marques génèrent de l’addiction à coups de séries limités. On est tellement dégoûté d’avoir manqué un modèle que l’on se dit « quoi qu’il arrive, je ne manquerai pas le prochain ».  Peu à peu, on rentre dans une espèce d’engrenage … pour le plus grand bonheur des marques…. et le plus grand malheur de nos comptes bancaires

A la base, la politique de l’édition limitée repond au besoin de l’individu qui cherche à être unique. On a tous un côté un peu frimeur. Qui n’a pas déjà kiffé d’être arrêté dans la rue par une personne qui dit « Ta paire est chanmé ! Où est-ce que je peux l’acheter ! ». Il y a également les gens dont les yeux vont être fixés à nos pieds un peu comme des aimants.  On attire les regards…  Les marques ont très bien compris cet aspect des personnalités et elle explote donc les failles….

 La politique de l’édition limitée se fait donc souvent au détriment des fans. Je ne dis pas que les marques ne doivent pas vendre des produits par le biais de petites séries.  Si cette politique est pratiquée avec intelligence, je dis qu’elle donne même un charme supplémentaire aux sneakers. Mais une édition limitée à 10/20 exemplaires pour un territoire, c’est trop peu !  Et on voit quels effets pervers vont être engendrés.  Au final, les marques risquent à termes d’obtenir l’effet inverse. Les gens vont tout simplement se rabattre sur des modèles moins fringants.

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L’édito – Quel avenir pour les boutiques de sneakers françaises ?

Qui dit vendredi, dit édito Quel avenir pour les boutiques de sneakers françaises ? Cette question me taraude depuis pas mal de temps déjà. Combien de boutiques ont été obligées de fermer pendant la crise ? Cela montre à quel point leur équilibre est fragile ! Le constat est un édifiant. Le problème est très simple. Il existe trop de boutiques qui vendent les mêmes produits ! A part Starcow, Colette et Oqium voire Citadium, pouvez vous me donner le nom d’une boutique française qui parvient à tirer son épingle du jeu ? Je pense aucune. Colette semble avoir le business model le plus durable : L’exclusivité !

Elle a une image de marque très forte et surtout internationale. C’est une aubaine pour les marques que  d’être chez Coco. Starcow est orienté vers le skate et a su se diversifier dans le streetwear. Par contre, je suis particulièrement inquiet pour Oqium. Pourquoi ? Oqium vend exclusivement des produits Nike. Sa rentabilité dépend donc de la qualité des collections Nike. Le problème c’est que en ce moment la qualité est en baisse. En plus de cela, On peut acheter les mêmes modèles sur le net pour beaucoup moins chers. La tendance chez la marque au Swoosh est au développement des magasins propres (Nike sur les Champs E lysées, Nike Stadium). Bref, la plupart des boutiques françaises manquent de créativité et surtout de réactivité. Quand on voit l’étroitesse d l’offre en France, on se dit qu’il y a pas mal de choses à faire !  Comme d’habitude,  les entreprises étrangères ont un coup d’avance. Vous avez par exemple la boutique Huf qui a développé ses propres produits.Il y a également Ubiq, Supreme, Undefeated….  Cette piste est à explorer.  Les boutiques françaises pourraient également s’intéresser un des marques à fort potentiel et non commercialisées en France. Cette liste d’idées est loin d’être exhaustive.  Il y a pas mal de choses à faire….

L’édito – Les sneakers et la mode éthique – état des lieux

L’édito de cette semaine est vert. Je pense que la plupart d’entre-vous a pu voir le reportage diffusé sur Canal +, intitulé « Les défricheurs ». La thématique de ce documentaire est celui du développement durable. Un simple phénomène de mode ? Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que l’on parle de plus en plus de développement durable, d’éthique depuis 5 ans.  A ce titre, j’ai eu  la chance d’avoir comme enseignant monsieur Jacques Benoit (ancien PDG de la marque de cacahuètes). Lors d’un exercice, il a demandé quelle devait être la vocation d’une entreprise ?… 100%  sociale, 50% sociale, 30% sociale etc.… J’ai un pote qui a répondu 100% sociale. Bien entendu, on s’est un peu foutus de lui ! M. Benoit a répondu qu’il avait raison. La vocation d’une entreprise doit être 100% sociale. Je me suis dit qu’il était malade.  Ce gars vit dans le monde des bisounours…  C’était en 2004… Entre temps, il y a eu la crise financière, le développement chômage et donc de la pauvreté en France, les suicides chez France Télécom etc…..  En prenant de l’âge (et j’espère un peu de maturité), je me demande si il n’avait pas raison ? M. Benoit affirmait qu’une entreprise devait dégager des profits. Cependant, ces profits devaient être utilisés à bon escient. C’est une autre façon de faire du business.

On voit de plus en plus d’entreprises intégrer l’aspect éthique au coeur de leur stratégie.  Et dans le domaine de la sneaker, qu’en est-il ?

Vous avez Faguo qui plante un arbre pour chaque paire achetée. Veja est une marque de sneakers de commerce équitable. Elle travaille avec une coopérative de producteurs brésiliens de coton biologique.  Le caoutchouc provient d’Amazonie. La confection des sneakers Veja est réalisée dans une usine qui respecte les norme de l’OMT Vans a sorti l’année dernière un pack  conçu avec des matériaux recyclés. Adidas a sorti en 2008 une collection utilisant des matières premières naturelles…. De belles initiatives. Certains diront que les marques s’intéressent au business éthique juste pour le fric et l’image. Ok, si il est possible de joindre l’utile et l’agréable pourquoi se priver ?

La semaine dernière,  suite à l’édito  » Non à la cul-ture sneakers« , un commentaire disait  » le biz est comme cela, point final, vendre des baskets pour les marques, c’est comme chez Mc Do, le but c’est de te faire consommer leurs produits, peu importe les moyens, tant qu’il crée l’envie ! ». Ce genre d’initiatives éthiques contredisent clairement l’analyse de ce lecteur. Nos esprits ont été trop polluées par ce type de pensées.  Les résultats actuels du développement durable montrent que chaque individu peut engendrer un changement grâce à son action individuelle. C’est tout simplement consommer mieux et non Con-sommer

L’édito – Non à la Cul-ture sneakers (et donc à Mr Terry Richardson) – No Passaran

L’année 2010 a été bien terne en matière de sneakers. Cette année 2010 a bien brillé par sa médiocrité. Je rédigerai un article à ce sujet plus tard.

On voit depuis quelques temps de plus en plus de photos de femmes nues avec des sneakers.  Dans le même style, il y les photos suggestives. Une question me vient à l’esprit, c’est quoi  ce bordel (aucun rapport avec les maisons closes) ? On est en 2010, il faut lever les tabous ?.. Et le respect de l’individu,  le  respect de la dignité, ils sont passés où ?  La plupart des personnes qui portent des baskets sont hommes.  Comment mettre en valeur un produit ? Comment accroître ses ventes auprès d’une clientèle masculine.  Certains publicitaires et photographes ont trouvé la réponse ! Mettre des femmes à poil. Et oui, rien de mieux que d’exploiter les fantasmes de l’homme pour lui faire gober tout et n’importe de quoi !  Cette formule magique destinée à accroître ses ventes fonctionne à merveille. Depuis des années, cela se fait dans l’univers du rap notamment. La femme nue est l’argument commercial qui tue !

Soyons des sneakers addict éclairés et non des sneakers âne-dict ! Soyons des consomm’acteurs plutôt que des CONS- SOTS-MATEURS.

J’en viens à ce fameux Terry Richardson. Il est célèbre pour ses photos suggestives. Il serait le génie qui aurait inventé le porno chic. Et bien, le génie ferait mieux de retourner dans sa lampe.  Le problème qui se pose est le suivant. Les baskets sont avant tout des objets. Quelle est la valeur d’une basket face à un être humain ? Aucune.  Or, je remarque que les photographies de Richardson vont créer une confusion , un amalgame dans l’esprit de gens.  Est-ce la basket qui est l’objet ou la femme ? Chez M. Terry, ce sont les deux ! Bienvenue dans l’univers délirant de Richardson, celui de la femme objet ! Il a réussi à enlaidir la laideur avec ses clichés (qui sont dégradants et humiliant pour une femme qui se respecte….). C’est de la pollution visuelle et intelectuelle !

Et puis je voudrais rajouter une chose. Si une paire est naze, vous pouvez mettre tous les effets spéciaux que vous voulez, je ne l’achèterai pas… Je vois déjà les chantres de la liberté des mœurs me brûler sur l’autel de leur plaie-sir.

Quand je parle de culture sneakers, j »ai à l’esprit les années 90. C’était peut être l’âge d’or de la basket. Durant cette époque, l’état d’esprit était plutôt sain.  Je vois de plus en plus de personnes dont le cynisme ne fait aucun doute, qui essayent d’introduire des choses qui vont à l’encontre de cette culture. Et je leur dis : « Messieurs, ne confondez pas la culture sneakers qui a ses propres codes et valeurs (dont le respect) partagés par des millions de personnes et la Cul-ture sneakers qui relève de vos fantasmes et délires.

L’Edito – Retour sur la polémique entre le styliste Christian Louboutin et le rappeur Ol Kainri

Le rappeur Ol Kainry n’a pas peu sortir son album Iron Mic en raison d’une plainte du styliste Christian Louboutin.  Quel est l’objet de la discorde ? C’est très simple, l’une des chansons se nomme « Sexy legging Louboutin ». Je vois certains déjà arriver en disant : « c’est pas normal, c’est dégueulasse, c’est qu’un nom de marque », c’est du racisme.. etc… ». Je pense qu’il faut redescendre et surtout dépassionner le débat.

Comme vous le savez, la France est un état de droit, régi par des lois.Les marques répondent aux codes  de la propriété intellectuelle.  On pourrait blablater pendant des heures et des heures mais au final c’est le droit qui a le dernier mot. Une marque qui est déposée, va jouir d’un certain nombre de protections. Par exemple, une entreprise qui ne possède pas un compte chez Nike France, ne peut pas vendre de produits Nike. C’est une façon pour Nike de se protéger et d’empêcher la concurrence déloyale. Wall Kicks en avait fait l’amère expérience.

Louboutin est une marque de luxe. On ne gère pas une marque de luxe comme une marque lambda.  Il y a des règles à respecter. Jean noël Kapferer, spécialiste de marque,  aborde ces points dans l’un de ces ouvrages.  « Il ressort de la compréhension historique et sociale du luxe quelques principes essentiels de gestion de la marque de luxe comme la nécessité de protéger les clients des non-clients, en créant une distance, une zone de non mélange, ou pour reprendre un terme économique des barrières à l’entrée de ceux que l’on ne vise pas. Cela se fait par le prix, la distribution sélective  et exclusive, la dimension esthétique des produits.

Un peu plus loin, il affirme que l’on « doit rendre la marque de luxe désirable par tous et non atteignable par la majorité ». « La dérive naît lorsque précisément la marque de luxe ne protège plus ses clients des non clients ». On ne peut pas faire plus clair.  Vous avez donc compris, C’est une question marketing

Christian Louboutin ne peut pas laisser n’importe qui faire n’importe quoi avec son nom. C’est une question de vie ou de mort pour son entreprise. L’image de marque est fondamentale. Par exemple, Louis Vuitton préfère détruire ses produits plutôt que de les voir brader sur des sites de déstockage. Le couple marques de luxe et rappeurs ne fonctionne pas en France.  On n’a pas de Kanye West ici. Ce rappeur a réussi tout simplement à se créer une image glamour. On le voit dans les défilés de mode. Il n’est pas ridicule quand il porte du Gucci ou du Vuitton.. C’est bien pourquoi il a pu collaborer avec Louis Vuitton.

Vous allez me dire  » Oui mais, cela nous arrive d’acheter des objets de luxe ». Effectivement, il s’agit de l’un des sujets tabou de cet univers. Comme le remarque Michel Chevalier (ancien président de Paco Rabanne),   » La plupart des gens s’imaginent que le luxe s’adresse en priorité à une clientèle fortunée. La réalité est l’inverse. L’essentiel du chiffre d’affaires de ces marques provient  des ventes aux classes  moyennes qui s’autorisent selon l’expression de l’économiste Bernard Dubois, « une excursion dans le monde du luxe » . Et Oui, ce sont des gens comme vous et moi qui font vivre le marques de luxe. Bref, vous l’aurez compris, il s’agit d’un univers rempli de contradictions.

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