Tiens-toi bien : en 2026, la marque aux 3 bandes ressort une basket blanche toute sobre. Cette petite paire de rien du tout va te raconter une histoire qui met une claque à la moitié des campagnes marketing actuelles.Je te préviens tout de suite, la adidas Billie Jean King ne va pas t’éblouir au premier coup d’œil. Encore moins si tu as les adidas Nastase ou Edberg à l’esprit. Elle reste discrète, presque effacée, avec son cuir blanc cassé et son air vintage typique des sneakers terrace des années 70. Cette dernière ne cherche pas à te sauter à la gorge, elle ne fait pas semblant d’être la reine du game. Sauf que sous ce cuir tranquille se cache un sacré numéro.
Remonte avec moi en 1973. À cette époque, on trouvait ça carrément normal que les femmes touchent moins que les hommes dans le sport. Logique, non ? Pourquoi payer correctement quelqu’un qui remplit les stades et fait vibrer des millions de fans ? Une idée complètement à côté de la plaque, mais qui passait comme une lettre à la poste.
Billie Jean King, elle, refuse de jouer selon les règles écrites par d’autres. Déjà numéro un mondiale, elle monte au front pour l’égalité des primes, participe à la création de la Women’s Tennis Association et va même défendre les droits des sportives devant le Congrès américain. Autant dire qu’elle ne se contente pas d’aligner les victoires sur le court, elle rebat carrément les cartes.
Et puis débarque Bobby Riggs. Ancien champion, provocateur dans l’âme, du genre à balancer des punchlines avant même que ça existe. Il est persuadé qu’aucune femme ne peut le battre, et il le clame haut et fort, avec l’aplomb tranquille de ceux qui confondent confiance en soi et grosse tête.
Grave erreur de sa part. Le 20 septembre 1973, Billie Jean King le laminera en trois sets secs (6-4, 6-3, 6-3), chaussée en adidas. Elle repart avec 100 000 dollars en poche. Mais surtout, elle offre au tennis féminin une victoire qui dépasse très largement le score final. Ce soir-là, ce n’est pas juste un joueur qui perd son match. C’est tout un discours qui prend une bonne claque dans la figure. Cheh !
La réédition 2026 raconte cette histoire jusque dans les moindres détails. « 1973 » gravé sur un talon, le score du match sur l’autre, sa signature en lettres dorées, et cette phrase glissée sous la languette : Pressure is a privilege. Pour une fois, une basket a quelque chose à raconter qui vaut plus que la taille de sa semelle.
Le comble dans tout ça ? Plus de cinquante ans après cet exploit, le sujet reste d’une actualité brûlante. Les écarts de salaires persistent dans plein de disciplines. Les contrats de sponsoring féminins restent souvent moins juteux. Et côté sneakers, les vrais modèles signature pensés pour des athlètes féminines se comptent encore sur les doigts d’une main. Comme quoi, certains ont clairement loupé le mémo de 1973.
C’est justement pour ça que cette adidas Billie Jean King mérite mieux qu’un petit regard attendri sur le passé. Elle te rappelle qu’une basket peut porter un héritage, pas juste surfer sur une tendance. Elle célèbre une femme qui n’a jamais attendu qu’on lui laisse une place : elle l’a arrachée, raquette à la main. Si cette basket paraît encore aussi juste en 2026, c’est peut-être pas à cause de son côté vintage. C’est surtout que le combat qu’elle porte refuse obstinément de partir à la retraite.
Photos : @diggerdas
Source : adiFamily
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