Il fut un temps, pas si lointain, où enfiler une Nike Vomero 5 argentée relevait presque du geste militant. Tu sortais avec ton mesh aéré, tes lignes tordues comme un circuit imprimé et ton chrome qui brillait au soleil comme une carrosserie façon tuning. Les gens te mataient de travers, un peu comme si tu avais fait un fashion faux pas.
Aujourd’hui, retournement de situation : tout le monde en a une paire dans son placard.
La basket inspirée des années 2000 a gagné. Et elle a même gagné un peu trop bien. Alors forcément, une question commence à émerger : 2026 marquera-t-il la fin des sneakers Y2K ?
Le futur est devenu un uniforme
Nike P-6000, Nike Shox, adidas Megaride, New Balance 1906R et Asics Gel-Kayano 14. Je pourrais continuer la liste sans reprendre mon souffle.
Toutes ces paires partagent le même ADN, comme une fratrie élevée au mesh et au chrome. Même recette, mêmes ingrédients, même nostalgie du futur version début des années 2000. À force, l’effet “wow” s’est évaporé. On est passé de “ça déchire” à “ah oui, encore celle-là”. L’argenté, c’était culotté en 2021. En 2025, ça sent le copier-coller fait à l’arrache.
Chaque sortie ressemble à la précédente. Les marques réchauffent le même plat en espérant rallumer la flamme. Même les fans les plus solides commencent à avoir la nausée.
Le plan B, raser le sol et changer de tempo : place aux sneakers low profile
Face à l’essoufflement, les marques ont ressorti les archives Y2K, mais pas le même tiroir. Cette fois, elles ont fouillé du côté des silhouettes basses : Nike Total 90 III, Puma Speedcat, Puma Mostro, adidas Ghost Sprint et New Balance 204L.
Sur le papier, l’idée est propre. Des paires fines, tendues, presque tranchantes, comme passer d’un SUV bodybuildé à une voiture de F1. Dans la vraie vie, pourtant, ça prend moins.
Trop de culture, pas assez de likes
Pourquoi ça coince ? Parce que ces modèles parlent foot, Formule 1, piste, vestiaires et chronos. Ce n’est pas spectaculaire au premier regard. Rien de spécialement folichon. .
Là où une Nike Vomero 5 éblouit l’œil sans effort, comme un filtre bien réglé, une Speedcat demande un minimum de culture sneakers. Cependant, Instagram et Tiktok n’a pas trop la patience pour ça.
Le résultat est sans appel : la hype reste timide et les ventes modestes. Ça ne s’effondre pas, mais ça ne décolle pas non plus.
La sneaker Y2K n’est pas morte, elle mue
Le pic Y2K est derrière nous. La courbe redescend tranquillement. Enterrer la tendance en 2026 serait pourtant une erreur. Regarde les chunky sneakers. Elles traînent dans le paysage depuis presque dix ans. Moins dominantes, certes, mais toujours là, bien installées, comme un vieux meuble qu’on n’arrive jamais à jeter.
La sneaker Y2K suivra sans doute le même chemin. Moins omniprésente, mais pas morte. La vraie question n’est donc pas “est-ce que ça va finir ?”, mais “comment ça va évoluer ?”. Mon pronostic ? Vers l’hybride. Mélangée à d’autres influences, retravaillée plutôt que copiée bêtement.
Parce que dans la sneaker, rien ne disparaît vraiment. Les tendances changent de peau, se font oublier, puis reviennent quand on ne les attend plus. La sneaker Y2K fera pareil. Avec un peu moins de maille métallique, j’espère Parce qu’à force, ça devient indigeste.
Photo : katoni_numberr2


