Pendant longtemps, une règle semblait gravée dans le marbre : après la Air Jordan 14, circulez, il n’y aurait plus rien à voir. Les Bulls, le dernier tir contre Utah, générique de fin. Michael Jordan pouvait bien revenir jouer à Washington, une partie des sneakerheads avait déjà fermé le dossier.
La Air Jordan 17 en a fait les frais. Pourtant, les avis commencent à évoluer. Ce n’est pas seulement parce que la mode adore ressortir du placard ce qu’elle trouvait affreux vingt ans plus tôt.
Air Jordan 17 : mon avis sur une Jordan longtemps sous-estimée
Oui, la AJ17 mérite une seconde lecture. Non, elle n’est pas devenue miraculeusement facile à porter.
Sortie en 2002 et dessinée par Wilson Smith III pour accompagner le retour de Michael Jordan avec les Washington Wizards, elle s’inspire notamment de l’improvisation du jazz. Mais derrière le concept se cachait une vraie chaussure de performance : amorti Air, Zoom Air, plaque de maintien sur toute la longueur et stabilisateur TPU au talon. Autrement dit, les 200 euros demandés à l’époque ne servaient pas uniquement à financer la fameuse mallette métallique.
Surtout, la AJXVII possède aujourd’hui quelque chose de rare chez la marque au Jumpman : on ne la croise pas à chaque coin de rue. À force de voir les Jordan 1, 3 et 4 changer de couleur comme si Pantone avait pris le contrôle de Beaverton, une silhouette perdue finit forcément par intriguer.
Pourquoi la Air Jordan 17 revient-elle dans la conversation ?
Les discussions entre collectionneurs révèlent un phénomène intéressant : la frontière du fameux « rien après la Jordan 14 » commence à se fissurer. Les AJ15, AJ16, AJ17 et AJ18 ont longtemps été traitées comme une annexe un peu embarrassante de l’histoire Jordan. Aujourd’hui, certains passionnés les redécouvrent justement parce que les classiques ont été exploités jusqu’à la semelle. La AJ17 profite donc de ce qui constituait autrefois son handicap : elle est différente.
Mieux encore, certains amateurs qui n’ont pas vécu sa sortie commencent eux aussi à s’y intéresser. La nostalgie n’explique donc pas tout. La sneaker culture semble simplement prête à regarder ailleurs.
Son design est son meilleur argument… et son principal problème
La Air Jordan 17 n’a jamais suivi de formation en discrétion. Cuir généreux, volumes, stabilisateur au talon, détails métalliques et, sur la Mid, ce fameux cache-lacets amovible : impossible de la confondre avec une autre Jordan. La version Low abandonne justement ce shroud et abaisse la silhouette, ce qui la rend visuellement moins imposante.
Voilà peut-être pourquoi elle constitue une porte d’entrée plus facile aujourd’hui.
Les discussions de sneakerheads révèlent cependant un paradoxe savoureux : certains adorent la AJ17 mais ne savent pas quoi porter avec. D’autres la possèdent et attendent encore « la bonne occasion » pour la sortir.
À ce rythme-là, la bonne occasion risque d’être sa prochaine réédition.
C’est probablement le principal défaut de la Jordan XVII. Elle est beaucoup plus facile à admirer qu’à intégrer quotidiennement dans sa rotation. Même ses coloris changent radicalement sa perception : une Copper, Lightning ou College Blue ne racontent presque pas la même chaussure.
250 euros pour une Air Jordan 17 Low : vraiment ?
Et puis il y a le prix. La AJ17 Mid coûtait déjà 200 € en 2002, ce qui en faisait alors la Air Jordan la plus chère jamais commercialisée. La mallette métallique et le guide numérique participaient à son positionnement presque luxueux. Mais voici le détail amusant : la AJ17 Low originale coûtait 150 € et arrivait dans une boîte classique. Lors du retour de la Lightning en 2024, Jordan Brand lui a ajouté la mallette et affiché un prix de 250 euros. La University Blue de 2024 ? Même tarif. La nostalgie a donc pris 100 balles dans l’opération. Elle mange visiblement très bien.
C’est surtout contradictoire avec la réhabilitation du modèle. Plusieurs amateurs réclament des AJ17 plus accessibles et davantage de sorties générales. Difficile de faire découvrir une sneaker oubliée lorsqu’il faut déjà être convaincu pour accepter son prix.
Faut-il acheter une Air Jordan 17 aujourd’hui ?
Mon avis sur la Air Jordan 17 reste donc positif mais avec quelques lacets de précaution. Oui, si tu aimes les chaussures de basket des années 2000, cherches une Jordan différente ou veux explorer cette période post-14 trop souvent ignorée. La Low peut aussi être une option plus facile à porter que la Mid. En revanche, pour une première Jordan, il existe beaucoup plus simple. Et c’est peut-être très bien ainsi.
La AJ17 n’a pas besoin de devenir la prochaine Jordan 4, avec quinze sorties annuelles et bientôt un coloris inspiré du beige d’une salle d’attente.
Elle mérite surtout qu’on abandonne le vieux réflexe du « après la 14, ça ne compte plus ». La Air Jordan 17 mérite d’être réévaluée. Pas nécessairement adorée.
La Jordan 17 Doernbecher Zach Rumbaugh, l’un des meilleurs coloris de la AJ17
Quelques colorways populaires comme les Jordan 17 Lightning, UNC, Infinites Archives
Photos : Corwun & @realdeegotjuice








Perso, j’ai toujours préféré la 16 (un pote basketteur l’avait topée à sa sortie en 2001, en coloris Bred, et il avait réussi à la conserver toute la décennie 2000).
Alors, d’abord les « Après-la-14-y’a-plus-rieng-! » sont des buses ne valant pas mieux que des ploucs d’hipsters sans personnalité, provinciaux et suivistes de troisième zone, en tout cas certainement pas des gens ayant déjà tâté la balle orange ou aimant profondément cette culture…
Au contraire, toutes ces OG’s de la première partie des années 2000 sont des bombes d’innovation, de souplesse confortable et de technologie pour jouer au Basket. Par contre, et en particulier les 16 à 18 avec leurs semelles translucides et leurs chevrons très désignés, incrustés façon « circuits imprimés » : ces sneakers ne supportent pas le bitume ! On peut ruiner des AJ16, 17 et 18 en moins d’un semestre rien qu’en les portant tous les jours pour marcher dans la rue. Elles sont vraiment faites pour le parquet et cet usage sportif bien spécifique (mais même pas pour le playground ou le city-stade – ils avaient ensuite rectifier le tir à partir de la 19 en revenant à du plus-mastoc et classique.)
P.S. : La AJ21 (2006) est une tuerie absolue ! Pour moi, c’est la meilleure OG des années 2000 chez Jordan Brand.