Tu as failli te faire embarquer par le NYPD pour une paire de baskets ? Bienvenue dans le monde de Nike Air Max 95 x Palace x Nike.
Sérieusement, quand un lancement tourne au chaos à New York, boutique fermée en urgence, arrestations, flics partout, tu te dis que soit c’est une masterclass marketing, soit les gens ont complètement perdu la tête. Probablement un peu des deux. Le label anglais a-t-il vraiment bossé ou on s’est tous fait emballer comme des pigeons ? Je vais analyser cette Nike 95 x Palace Skateboards pour trancher si t’as affaire à une vraie collaboration ou une general release déguisée.
Une collaboration qui mérite son titre
Premier truc qui m’a convaincu : Palace a touché aux fondations de la silhouette. Sur la AM95 originale de Sergio Lozano, le dégradé monte verticalement depuis le bas, c’est son identité depuis 1995. Palace a tout retourné à l’horizontale, du gris argent métallique à l’avant jusqu’au noir à l’arrière. Ce n’est pas un coloris remixé mais une véritable relecture du code esthétique. Cette nuance change la donne.
Deuxième argument (celui-là je le trouve imparable) : la référence à la Nike Air Max 97 OG Silver Bullet. En Grande-Bretagne, cette sneaker est élevée au rang de mythe (pas étonnant que Skepta ait bossé dessus). Palace, la marque londonienne jusqu’au bout des lacets, puise délibérément dans ce patrimoine culturel. Un retour aux racines qui ne peut que séduire les sneakerheads.
Et puis la collection ne s’arrête pas à la paire :
- 25 vêtements et accessoires pour accompagner le colorway;
- un film promotionnel où deux rappeurs londoniens font un voyage dans le temps de 2026 jusqu’en 1995;
- un pub tour dans les trois villes les plus attachées à la AM95 Liverpool, Manchester, Londres.
Une GR standard n’a pas de scénario de voyage dans le temps, faut être sérieux 5 minutes.
Ce qui me fait quand même tiquer
Sauf que voilà, sur la période 2025/2026, la Air Max 95 Big Bubble enchaîne les collaborations : Undefeated, Corteiz, Oregon Ducks, Levi’s, Yu-Gi-Oh!… Nike multiplie les projets sur cette silhouette comme si tu étais sur une chaîne de montage. Le prestige individuel de chaque collaboration se dilue mécaniquement. C’est mathématique. Palace joue sur un terrain encombré. Ça, c’est pas leur faute mais ça change la perception.
Le design peut paraître un peu léger. Pour le coup, celui des Dn8 est plus fouillé. Comme personne ne calcule la running aux billes, ce que je dis compte presque pour du beurre. Je juge l’argument « si y’avait pas le logo Palace, ça serait juste une Air Max 95 basique avec un dégradé façon graffiti », recevable. C’est pas les méninges qui ont le plus tournées chez son concepteur.
Une construction qui prend de l’épaisseur
Il faut replacer cette AM95 dans le contexte. Palace a quitté adidas en 2025, un transfert qui a surpris tout le monde, afin de signer sur le long terme avec la marque au Swoosh. Cette AM95, arrive après la Nike Total 90 III d’abord, puis la Air Max Dn8 ensuite. Chaque projet a ciblé un pan différent de l’identité Palace, du football en passant par la running futuriste pour finir avec la rue britannique. Ce n’est pas un coup de hype isolé, Lev Tanju te livre une narration construite, drop après drop.
Alors, une collaboration ou un simple coup de com’ ?
La AM95 x Palace porte un discours culturel précis : elle réinterprète le design plutôt qu’elle ne le repeint. Elle s’inscrit dans une relation Palace x Nike qui construit quelque chose de cohérent sur la durée. Est-ce que c’est le collab du siècle ? Clairement non. Je vais être honnête, cette paire ne fait fait pas sauter au plafond. Mais si c’est ça « juste une GR maquillée », on en redemande.
Photos : Wilson Neloy









