Certaines Jordan racontent 1988. Cette Air Jordan 3 Laser Phantom and Sail préfère fouiller dans les archives plus obscures. Son point de départ remonte à 2003. Cette année-là, Mark Smith imagine une AJ3 gravée au laser pour les 40 ans de Michael Jordan. La paire restera pratiquement invisible du grand public. Vingt-trois ans plus tard, l’idée revient avec une exécution différente et, surtout, une commercialisation.
L’essentiel :
- La paire reprend l’idée d’une Air Jordan 3 Laser créée pour Michael Jordan en 2003.
- Les gravures laser racontent plusieurs fragments de la carrière et de la vie de Jordan.
- Le daim Palomino remplace visuellement l’habituel elephant print autour du pied.
- Le coloris associe officiellement Phantom, University Red, Palomino et Sail.
- La sortie française est programmée le 22 août 2026 autour de 229 €.
Premier regard
La silhouette reste celle dessinée par Tinker Hatfield en 1988 : massive, mais étonnamment équilibrée. L’Air visible au talon rappelle aussi combien la AJ3 était moderne pour son époque. Ici, le cuir beige sert surtout de toile aux motifs gravés. Le daim marron enveloppe l’avant, le talon et certaines zones du col. Le rouge du Jumpman dynamise cette palette presque poussiéreuse. Les œillets métalliques apportent juste assez de contraste. De loin, elle paraît banale. De près, c’est une autre paire. Pour une fois, sortir la loupe n’est pas complètement ridicule.
Pourquoi cette AJ3 Laser Phantom and Sail compte
L’histoire du procédé Laser chez Jordan mérite un petit détour. Mark Smith expérimentait déjà cette technique au début des années 2000. En 2003, il l’applique sur une Air Jordan 3 destinée aux 40 ans de Michael Jordan. Le concept gagnera ensuite le grand public avec la Air Jordan 20 et les Air Jordan 4 Laser de 2005.
La version 2026 n’est toutefois pas une reproduction exacte de cette AJ3 mystérieuse. Elle ajoute notamment les empiècements Palomino et modifie certaines illustrations. Les gravures mélangent références sportives et détails personnels. On trouve notamment le numéro 23, un chariot de golf et l’ancien portail de la propriété de Jordan. Voilà ce qui m’intéresse : la chaussure raconte Jordan sans simplement ressortir du rouge, du noir et une photo de Chicago.
Mon analyse
Avec un cuir blanc éclatant, les gravures auraient facilement basculé vers le souvenir des années 2000 un peu chargé. Le blanc cassé calme le jeu. La couleur sable donne davantage de profondeur. Je suis plus partagé sur l’accumulation graphique. Certains motifs demandent presque une notice explicative. En revanche, supprimer visuellement l’elephant print traditionnel est plutôt culotté. Ce motif définit la Air Jordan 3 depuis 1988. Ici, le laser prend le relais sans casser les proportions de Hatfield. Le Nike Air gravé au talon finit correctement l’histoire.
À qui je recommande cette sneaker
Je la conseille d’abord aux amateurs qui aiment creuser l’histoire de Jordan Brand. Elle possède davantage d’intérêt culturel qu’un énième changement de palette. Les puristes de la AJ3 traditionnelle pourront rester sur leur faim. Sans elephant print classique, quelque chose manque forcément. Et si vous aimez les sneakers très sobres, les gravures risquent de vous fatiguer. Même couleur sur couleur, elles causent beaucoup.
Date de sortie
La Air Jordan 3 Laser est annoncée pour le 22 août 2026. Le tarif français communiqué est de 229 €. La distribution doit notamment passer par Nike SNKRS (voir la paire) et des revendeurs Jordan sélectionnés.
Fiche technique
- Marque : Jordan Brand
- Modèle : Air Jordan 3 Retro Laser
- Genre : homme
- Coloris : Phantom/University Red/Palomino/Sail
- SKU : JA1369-001
- Prix : 229 € en France
- Date de sortie : 22/08/2026
- Matières principales : cuir texturé, daim et caoutchouc
Mon avis
Cette Air Jordan 3 Laser Phantom and Sail m’intéresse davantage pour son histoire que pour son potentiel au pied. Et ce n’est pas une critique. Jordan Brand possède des archives suffisamment riches pour arrêter parfois de recycler les mêmes recettes. Ressortir une idée presque secrète de 2003 me semble donc plus pertinent qu’un simple changement de lacets.
Je regrette seulement que l’imprimé laser (aussi présent sur une Jordan 1 Low OG) veuille parfois tout raconter en même temps. Michael Jordan possède une carrière gigantesque. Inutile de faire rentrer Wikipédia sur deux chaussures. Mais entre une AJ3 parfaite et prévisible, puis celle-ci, légèrement étrange et chargée d’histoire, je choisis la seconde. Au moins, elle donne matière à discuter.
Photos : @jumpmanbostic





