La Air Jordan 6 OG, tu la connais par cœur. C’est un classique, un vrai. Mais sa version basse, avoue, tu la situes mal. Normal. La Jordan 6 Low, c’est un peu comme ce cousin sympa mais sans charisme, celui qui parle pas fort aux repas de famille. Il est là, personne ne le déteste, mais personne ne le remarque vraiment non plus.
Moi, la première fois que je l’ai vue, je me suis dit : ok… mais pourquoi ? Pas moche, pas folle, juste là. Comme une AJ6 à qui on aurait coupé les jambes en espérant qu’elle coure aussi vite.
2002 : un lancement en demi-teinte
Retour en avril 2002. Jordan Brand se dit qu’il y a peut-être un coup à jouer en raccourcissant la Jordan 6 au niveau de la cheville. Trois coloris débarquent d’un coup sans rien demander. Une Black/Chrome en nubuck noir bien sérieux, une White/University Blue pour rappeler UNC, et une Coral Rose pour les femmes (la meilleure de tous les temps à mes yeux). Elle te coûte environ 100€ à l’époque (l’inflation est notre pire ennemi….).
Dans l’idée, ça se tient. En vrai, c’est plus compliqué. Les fans regardent ça comme un film en VO sans sous-titres. Ils comprennent le concept, mais ça ne clique pas. La Jordan 6, c’est une chaussure qui impose le respect quand elle est haute (ou mi-montante selon les appréciations). En Low, elle fait un peu comme un SUV rabaissé : toujours costaud, mais moins impressionnant.
Une silhouette qu’on met au placard pendant treize piges
Le constat est sans appel : après ce lancement sans éclat, la marque au Jumpman range la paire au fond du tiroir. Et quand je dis au fond, c’est vraiment au fond. De 2002 à 2015, nada. La AJ6 ne fait qu’alimenter les discussions de fans nostalgiques. Silence total, comme un ancien numéro qu’on n’ose plus rappeler.
Quand elle revient enfin en 2015, c’est sans tambour ni trompette. La Black/Chrome ressort, puis la White Infrared. Les réactions restent molles. Pendant ce temps, la Jordan 6 mid, elle, enchaîne les cartons comme un attaquant en pleine confiance : Carmine, Infrared, DMP, Travis Scott… La Low regarde ça depuis le banc.
2023 : le PSG essaye de lui redonner un peu de visibilité
En septembre 2023, surprise. Le PSG s’associe à Jordan Brand et choisit la Jordan 6 Low. Tu as droit à un coloris Cement Grey bien propre, en suède premium, avec des petites touches orange, et surtout des tailles homme. Là, on sent qu’il y a eu un vrai travail. Pas juste une paire lâchée pour faire acte de présence.
La collaboration fait du bien à l’image de la Low, clairement. Ça la fait passer d’option bof à alternative crédible. Les puristes respectent l’effort, mais ça ne déclenche toujours pas l’hystérie. La Jordan 6 Low reste une option secondaire, jamais le premier réflexe.
Quand la marque arrête de forcer et cible enfin juste
À partir de 2024, Jordan Brand change enfin de disque. La “Let’s Play” pour les mômes, puis l’annonce d’une Blackout avec des poils prévue pour janvier 2026, en exclusivité femme. Là, le message est limpide : la Low n’est pas faite pour tout le monde, et ce n’est pas grave.
Honnêtement, je trouve ça plutôt bien vu. La Jordan 6 Low, elle a toujours été plus posée, moins rentre dedans. Elle tape moins du poing sur la table que la version mid. Du coup, la repositionner, c’est un peu comme arrêter de vouloir faire courir un marathon à quelqu’un qui préfère la marche.
Le bilan après 24 ans
Avec le recul, il faut être honnête. La Air Jordan 6 Low n’a jamais été une star. Elle existe, elle revient de temps en temps, elle trouve son petit public, mais elle ne met jamais tout le monde d’accord. Face à la Jordan 6 mid, c’est David contre Goliath… sauf que cette fois, la fronde ne fait pas tomber le géant.
Certaines paires sont faites pour être hautes, imposantes, presque théâtrales. La Jordan 6 fait clairement partie de celles-là. En Low, elle perd un peu de sa gueule, comme un lion sans crinière.
Mais bon, elle est toujours là. Elle survit, tranquille, sans pression. Et franchement, pour une paire que personne n’avait vraiment réclamée en 2002, c’est déjà pas si mal.
La AJ6 Low Chrome : la plus populaire (via @corwun
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Photo de la couverture : @sinceresole



